30 novembre 2016

Le Broomball, le nouveau sport de glace à Angers

#Découverte. Plusieurs membres de l’équipe loisir de hockey-sur-glace d’Angers ont formé l’an dernier l’équipe de France de « ballon-sur-glace » (Broomball en anglais, littéralement « balai-ballon »). Début novembre, les balayeurs angevins ont participé aux championnats du Monde au Canada, une première ! Alors qu’Angers ambitionne de devenir dans les années qui viennent une place forte de cette discipline dans l’Hexagone, voici tout ce qu’il faut savoir sur ce sport encore méconnu en France mais très ludique et accessible à tous.

Par Charles Dubré-Beduneau (@CharlesDubre sur Twitter)

Le ballon-sur-glace, c’est quoi ?
Rien à voir avec le curling ou le quidditch. Le ballon-sur-glace est un sport originaire du Canada, comme son cousin, le hockey-sur-glace. Comme le hockey, il se joue sur une patinoire, où 2 équipes de 6 joueurs (5 joueurs de champ plus un gardien) s’affrontent. À la différence près que les joueurs ne frappent pas un palet mais une petite balle avec un « balai », constitué d’un manche en bois (ou en carbone) à l’extrémité duquel se trouve une sorte de triangle en plastique. Les joueurs ne sont pas équipés de patins mais courent sur la glace à l’aide de chaussures à semelles épaisses et souples, spécialement conçues pour cette pratique. Comme au hockey, les joueurs sont équipés de protections : jambières, coudières, gants, et casque.

Quelles sont les règles ?
Le but du jeu simple : marquer plus de buts que l’adversaire. Les buts sont inscrits en frappant la balle dans les filets adverses en utilisant son balai. Certaines règles sont similaires au hockey-sur-glace (3 attaquants et 2 défenseurs, changements volants…), mais les cages sont par exemple plus hautes et plus larges. Un match est généralement composé de 2 périodes de 10 à 20 minutes. Les contacts sont autorisés chez les séniors mais pas dans les compétitions juniors, mixtes ou féminines (voir plus bas). Les arbitres peuvent infliger des pénalités en cas de fautes.

Qui peut jouer ?
Extrêmement ludique, le ballon-sur-glace est accessible à tous et on peut commencer à tout âge ! Étiqueté comme « le sport d’équipe sur glace alternatif », cette discipline a l’avantage d’être moins brutale que le hockey et ne nécessite pas de savoir patiner. C’est cependant un sport complet qui sollicite tous les muscles et exige une certaine endurance. Les chutes font partie du jeu mais le risque de blessures est réduit grâce aux protections. Il existe trois formes de base : des équipes masculines, des équipes féminines et des équipes mixtes. Le ballon-sur-glace mixte implique des matchs entre des équipes qui comportent un nombre égal d’hommes et de femmes sur la glace. C’est un sport à part entière dans certaines universités canadiennes et américaines. Le ballon-sur-glace pourrait aussi être introduit comme sport scolaire.

Où le pratiquer à Angers ?
Comme pour tous les autres sports de glace angevins, une seule adresse : la petite patinoire du Haras. Le seul problème pour le moment, et non des moindres, est la difficulté de trouver des créneaux d’entraînements. En effet, avec une seule et unique glace pour les séances publiques, les entraînements des Ducs d’Angers, ceux du hockey amateur et le patinage artistique, les plannings sont déjà archi-pleins… Mais il y a une bonne raison d’être optimiste pour l’avenir : la nouvelle patinoire (ouverture espérée avant la fin 2018), qui comportera deux glaces, devrait permettre de contenter tout le monde, y compris les balayeurs !
Contacts : francebroomball@gmail.com ; contactafbg@gmail.com et France Broomball sur Facebook.

Bientôt sport olympique ?
Sport spectaculaire et ludique, le ballon-sur-glace est en pleine expansion aux quatre coins du monde, du Japon au Mexique en passant par l’Australie et donc désormais la France… grâce à nos dalleux ! La Fédération internationale de broomball, dont la France fait d’ores et déjà partie, a pour objectif à moyen-terme d’introduire le ballon-sur-glace aux Jeux Olympiques d’hiver (au plus tôt en 2022).

Les balayeurs angevins ont la dalle… et de l’ambition !
À Angers, l’équipe créée il y a à peine plus d’un an par des membres de l’équipe loisir de hockey n’a pas perdu de temps : après avoir participé aux championnats d’Europe l’an dernier en Suisse, elle revient tout juste des championnats du Monde organisés début novembre au Canada, où elle a décroché une belle médaille (voir ci-dessous l’interview de Pierre Seyeux) ! Ses membres ambitionnent de faire d’Angers une place forte de la discipline en France et rêvent déjà d’accueillir les championnats d’Europe en 2019. En attendant, les balayeurs angevins comptent bien surfer sur leur dynamique et souhaitent développer le ballon-sur-glace dans les patinoires de la région qui ne peuvent accueillir des matchs de hockey, faute de moyens ou de taille (Joué-Lès-Tours, Bourgueil, Le Mans, Saint-Brieuc…). Le broomball présente en outre un avantage non négligeable pour les patinoires : contrairement au hockey ou au patinage artistique, il abîme beaucoup moins la glace.

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« Une aventure humaine sensationnelle »

Entretien avec Pierre Seyeux, membre de France Broomball, de retour des championnats du Monde organisés à Regina, au Canada, avec une médaille autour du cou et des étoiles pleins les yeux.

Comment avez-vous vécu ces championnats du monde au Canada, berceau du broomball ?
Nous avons joué 8 matchs en 5 jours, c’était très intense. Pour une première expérience mondiale, nous avons découvert le très haut niveau, à des années lumières de ce qu’on connaissait au niveau européen. Techniquement et physiquement, les équipes nord-américaines sont très impressionnantes. Nous étions un peu les ovnis de la compétition mais nous avons écrit la première page de l’histoire du broomball français en remportant notre première victoire en championnat du monde (3-2 face au Japon) et en atteignant la finale de la Challenge Cup (2e niveau mondial). C’est une immense fierté.

Que retenez-vous de ce tournoi ?
Au delà de l’aspect purement sportif c’est l’aventure humaine qui a été sensationnelle. La vie, l’entente dans le groupe France a été parfaite. Mais plus globalement c’est l’entente entre toutes les équipes des quatre coins du monde qui a été au top. Le dîner de clôture en a été l’illustration parfaite. Le repas s’est transformé en une gigantesque bourse d’échange de maillots, de polos, de pin’s et autre goodies entre les joueurs du monde entier. Sur le plan sportif, la nomination de notre gardien Antoine Seyeux comme MVP du tournoi a été également un grand moment. Pour une première participation, revenir avec une médaille et le balai de MVP, c’était franchement inespéré !

Quels sont les prochains objectifs pour développer le broomball à Angers et en France ?
Nous commençons à nous organiser au niveau français (création de la Fédération Française) et au niveau européen. Notre performance aux championnats du monde est un bon éclairage sur notre sport. Cela nous a permis de le crédibiliser en France. Néanmoins, le plus difficile reste à faire. Le problème majeur en France reste le nombre et la disponibilité des patinoires. De nombreuses femmes nous ont fait part de leur intérêt pour le ballon-sur-glace et nous envisageons d’engager une équipe masculine et une équipe mixte aux mondiaux de Minneapolis en 2018. Nous sommes déjà impliqués dans la recherche de financement pour cette nouvelle échéance. Nous sommes également en lien avec l’entreprise angevine Marty Sports, qui est en train de créer les premiers équipements français pour le broomball. L’avenir nous appartient, à nous de capitaliser sur nos bons résultats de Regina 2016. Faites nous confiance, vous n’avez pas fini d’entendre parler des balayeurs sur glace !

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