11 janvier 2017

Geoffroy Tijou, un ambassadeur pour le Roller Hockey

#ParolesDeCoach. Ancien joueur devenu entraîneur, Geoffroy Tijou est aujourd’hui un coach à double casquette. Celui des Hawks d’Angers qui caracolent en tête du championnat Elite à mi-saison, mais aussi celui de l’équipe de France de Roller Hockey. Portrait d’un passionné.

Par Mathieu Mercier (@Math_Mrcr sur Twitter)

Il est l’un des acteurs majeurs en France d’un sport qui prend de l’ampleur au sein de la cité du Roi René. En effet, invaincus et en tête du championnat Elite de Roller Hockey après 10 matchs et autant de victoires, les Hawks réussissent un super début de saison. Une satisfaction pour leur coach, Geoffroy Tijou, originaire d’Angers, « ma ville de cœur ». S’il est fier du parcours pour le moment accompli, l’ancien joueur aux 4 titres de champion de France ne souhaite pas s’emballer. Alors, quand on lui demande si l’idée d’être champion a fait son chemin, il répond que ce serait « prématuré, car on est en pleine restructuration. On a eu quasiment la moitié de l’effectif à renouveler cette année avec le départ de joueurs historiques, et l’arrivée de nouveaux joueurs très jeunes pour la plupart. On s’est dit qu’il fallait prendre les matchs les uns après les autres sans forcément se contraindre à un objectif trop élevé. La qualification pour les play-offs est un objectif minimal ». Une ambition de fait mesurée qui résume l’homme. Calme, humble mais compétiteur, sûr de ce qu’il souhaite. Il ne s’est d’ailleurs pas précipité quand l’offre de la fédération lui a été transmise, en 2015, dans le but de prendre en mains l’équipe de France de Roller Hockey, rien que ça ! Une équipe de France dont il a porté le maillot à 153 reprises en tant que joueur, et dont il fut le capitaine.

« Prendre les matchs les uns après les autres sans se contraindre à un objectif trop élevé »

Employé à la direction départementale de la cohésion sociale du Maine-et-Loire, il a en effet posé certaines conditions. « J’ai réduit mon activité professionnelle à 70% et j’ai signé un contrat avec la fédération de 30%. Ce qui fait que je ne cumule pas, c’était l’une de mes conditions, que ça ne vienne pas en plus de mon temps de travail car sinon ça aurait été impossible. Même si le planning reste chargé… ». Coach passionné et compétent au très haut niveau, au sein d’un sport qui reste amateur, c’est la réalité quotidienne de Geoffroy Tijou. « Entraîner les Hawks, c’est préparer les séances, les mettre en place avec l’aide de mon adjoint. C’est aussi préparer les séances vidéo puisque chaque vendredi soir, on analyse des séquences du match précédent. En plus de cela, il y a une partie relationnelle avec mes joueurs pour leur faire comprendre que même si les choses se passent bien, on peut aussi être dans le dur. C’est le travail actuel qui va permettre d’éviter ça. Ils sont pour la plupart très jeunes et ne se rendent pas forcément compte de l’importance de se préparer, d’avoir une hygiène de vie de sportifs de haut niveau. lls ont chacun aussi des journées bien chargées. On s’entraîne le soir, il est 20h30, jusqu’à 22h30 ».

Participer à la communication pour continuer à faire connaître le Roller Hockey

Adaptation, persuasion et motivation donc, des mots clés pour les entraîneurs de toutes disciplines. Passion aussi, évidemment. Une passion née d’abord sur la glace. « A l’origine, le Roller Hockey a été créé aux Etats-Unis car les patinoires étaient déglacées l’été, et les hockeyeurs voulaient continuer à s’entraîner. Quand c’est arrivé en France, ce sont surtout des hockeyeurs sur glace qui se sont reconvertis. C’est aussi mon cas. J’ai joué longtemps aux Ducs puis 3 saisons aux Corsaires de Nantes, et en complément je jouais au Roller Hockey ». Comparée aux Ducs, et bien sûr au SCO, deux clubs qui évoluent aussi au plus haut niveau national, l’actu des Hawks est forcément moins mise en valeur. En tant que sélectionneur national et surtout véritable amoureux de son jeu, notre Angevin s’est longtemps démené et le fait encore pour étendre la communication autour de ce sport. « On essaye à Angers d’être attentifs aussi à ces aspects et d’être le plus sérieux possible pour continuer à se faire connaître. Le fait qu’on ait eu un peu de relais dans les médias fait que les gens ici nous connaissent ». C’est par exemple l’adjoint, Vincent Charbonneau, qui gère la page Facebook, avec ses désormais célèbres hashtag de début (#LaTableEstMise) et de fin de match (#OnFermeLesLivres). Pas encore décidé à venir voir les Hawks salle Debussy ? Geoffroy Tijou finit de vous convaincre : « Les gens qui viennent découvrir ce sport en ressortent ravis parce que c’est spectaculaire. Ils sont agréablement surpris par la vitesse et la beauté du jeu ». Prochain match à domicile ce samedi à 20h !

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Geoffroy Tijou à ses joueurs : « Essayez de vous approprier La Dalle Angevine à votre façon »
La Dalle Angevine s’enseigne, s’apprend. Illustration par Geoffroy Tijou : « Lors de la réunion de début de saison avec les joueurs, j’ai projeté le logo de La Dalle Angevine et je leur ai demandé s’ils connaissaient. Ça nous a donc amené à parler de ce concept, de son origine avec les victoires du SCO dans les dernières minutes qui nous ont tous marquées. L’idée, c’était d’accrocher un peu à l’identité de la nouvelle équipe des Hawks cette notion avec les valeurs qui accompagnent cette dalle angevine. J’accueillais de nouveaux joueurs donc j’avais l’envie de leur montrer qu’ils arrivaient dans une ville où il y a d’autres sports qui fonctionnent bien, de leur montrer un peu le contexte dans lequel ils arrivent. Et puis, vu que l’équipe était jeune, l’idée était de faire en sorte que sur le terrain, ils soient des chiens sur la durée d’un match, je voulais mettre à profit leur énergie et leur insouciance. On voulait en faire une force. Je leur ai dit : « essayez de vous l’approprier à votre façon », et c’est vrai que sur certains matchs, comme celui du 19 novembre à Paris, même si on n’a pas fait un grand match, au lieu de baisser la tête, on arrive sur les 6 dernières minutes à renverser la vapeur en égalisant à 3 minutes de la fin et en prenant l’avantage à une minute de la fin. Je pense qu’ils ont symbolisé alors ce qu’est la dalle angevine. Je ne sais pas si ça se serait passé si on n’en avait pas parlé mais en tout cas c’est le premier match de la saison où il a fallu aller chercher le résultat vraiment avec les tripes, sans lâcher à 6 minutes de la fin quand l’équipe adverse a pris l’avantage. Pour moi, c’est ça la dalle angevine ». Une Dalle Angevine qu’ils affichent désormais jusque sur le bout du casque !

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