31 janvier 2017

« Le bus, la deuxième maison des Ducs »

#LesIndispensables. Ils ne sont pas sur le terrain à jouer, mais sans eux, il manquerait quelque chose… Ce sont les indispensables du sport angevin ! Pour le 3e épisode de cette rubrique, nous sommes allés à la rencontre de Jean-François Drouin, chauffeur des Ducs d’Angers depuis 10 ans. Au fil des kilomètres (environ 30 000 par an) et des saisons, il a développé une relation de confiance unique avec les joueurs et le staff. Rencontre avec ce témoin privilégié du hockey angevin.

Par Charles Dubré-Beduneau (@CharlesDubre sur Twitter)

Sans lui, les Ducs d’Angers ne vont nulle part. Depuis dix ans, ils font confiance à Jean-François Drouin, 40 ans, alias « Jeff », pour les acheminer, de jour comme de nuit, dans les patinoires aux quatre coins de la France. « Quand on va à Amiens, Rouen ou Bordeaux on part à 13h. Sinon on part la veille des matchs à 23h et on roule toute la nuit. Les joueurs ont leurs petites habitudes pour bien dormir (matelas, couvertures, oreillers…) et essaient d’optimiser au maximum le manque de place. Il faut dire que c’est un peu leur deuxième maison : au total, ils passent l’équivalent de 30 jours par an dans le bus ! », explique Jeff. C’est d’autant plus vrai depuis cette saison, avec le passage de 26 à 44 matchs de saison régulière (soit désormais 22 matchs à l’extérieur au lieu de 13).

Gérer les aléas de la météo… et des blessures

Fort de ses 14 ans d’expérience dans le métier, Jeff connaît les meilleurs détours pour éviter d’être ralenti par des bouchons ou une mauvaise météo. Sans surprise, la neige, le verglas et le brouillard sont ses pires ennemis. « Je me souviens d’une fois, après un match à Briançon, on a du mettre les chaînes au moment de repartir… à 1h du mat’ ! La galère… Heureusement, le coach, Jay Varady, m’a gentiment donné un coup de main. » Après les matchs, il n’est pas rare que Jeff doive faire un détour par l’hôpital local avant de rentrer, pour récupérer un voire plusieurs blessés. « Depuis deux-trois saisons, c’est à Epinal que les matchs sont les plus tendus. Je commence à connaître l’hôpital par cœur… Je me rappelle aussi d’une fois où on est repartis de la patinoire avec 2h de retard à cause d’un contrôle anti-dopage interminable! »

Jeff a beau ne pas être sur la glace, il se retrouve lui aussi exposé aux blessures. « C’était l’an dernier, à Rouen, en ½ finale de Coupe de France. Je faisais la porte pour les joueurs et j’ai pris un palet dévié dans l’arcade. J’ai été soigné par le médecin de Rouen, directement dans le vestiaire des Dragons. Je me suis fait chambrer par Nicolas Arrossamena (ancien Rouennais). Du coup, je me suis pas privé pour le lui rappeler quand il est monté pour la première fois dans le bus il y a quelques semaines », raconte Jeff avec un large sourire.

À l’écoute des joueurs

Toujours prêt à se rendre disponible, Jeff est devenu avec le temps bien plus que le simple chauffeur du bus pour les joueurs et le staff. « J’ai déjà massé des joueurs entre deux matchs de play-offs à Rouen pour soulager le kiné, posé des strapping à Tomas Baluch… » Il sait aussi être à l’écoute lorsque certains joueurs ne trouvent pas le sommeil après une défaite et ont besoin de refaire le match. Son meilleur souvenir ? « La victoire en finale de Coupe de France à Bercy. Tomas Baluch a tondu une bonne partie de l’équipe sur le trajet retour, il y avait des cheveux partout ! » Le pire ? « La défaite en finale du championnat, lors du 7e match à Briançon. Au retour on s’est arrêtés 2-3 heures à Grenoble, à la demande des joueurs, pour qu’ils digèrent la défaite en équipe, avant de retrouver leurs familles. Ils m’ont invité en boîte avec eux, c’était sympa. Moi j’étais au Coca bien sûr, mais pas eux… »

S’il ne se laisse plus pousser la barbe en solidarité avec les joueurs lors des play-offs (pas vraiment du goût de son patron), Jeff prend toujours son rôle autant à cœur. « L’ambiance est toujours aussi bonne, que ce soit avec les joueurs ou avec les différents coachs. Je suis leur premier supporter, à leurs côtés dans la victoire comme dans la défaite ou lors de blessures. Les hockeyeurs sont vraiment des athlètes adorables et hyper respectueux, c’est agréable. Je me sens privilégié de partager autant de moments dans leur intimité. » Il n’y a plus qu’à souhaiter bonne route aux Ducs et à Jeff pour la fin de saison !

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