1 février 2018

Emilie Beaugeard : « Je me lance toujours des défis »

#MadeInAngers. Sportive depuis toujours, boxeuse depuis 5 ans seulement, Emilie Beaugeard, 29 ans, a connu une ascension atypique dans sa discipline, la boxe anglaise (uniquement avec les poings), à l’Angers Boxing Club aux côtés de son coach Patric Bahamed-Athlan. La déception des récents championnats de France en cours de digestion, 2018 sera peut-être l’année du passage dans le monde professionnel. Interview.

Par Valentin Deudon
Photos Franck Potvin

Tu viens de t’incliner le week-end dernier à Dinan en quart de finale des championnats de France Elite amateur, en moins de 64 kg. Raconte-nous ce combat.
Malheureusement, c’est une défaite alors que l’objectif était d’aller au moins en demi-finale, pour faire mieux que l’année dernière. Je n’ai pas réussi à lâcher ma boxe, face à une adversaire à ma portée mais assez particulière. On ne savait pas trop comment la prendre, elle changeait souvent de rythme, ça m’a dérangée. C’est comme ça, parfois on gagne, parfois on perd…
art1
On sent que tu es encore à analyser et à digérer le combat…

Oui je suis encore dans cette défaite. C’est tout frais et j’ai du mal à digérer. Rien de méchant mais je pense que je vais prendre une petite période de repos avant de passer à autre chose. D’autant que je me suis un peu blessée à la main pendant le combat. Je vais devoir soigner ça.

L’objectif de passer professionnelle n’est pas remis en cause ?
Non, j’ai toujours envie de boxer et d’atteindre cet objectif de basculer dans le milieu pro. C’est en cours, la commission a tout accepté mais je ne peux pas encore l’annoncer avec certitude, car il reste des étapes à franchir, avec notamment des examens médicaux. J’en ai toujours envie et si tout se passe bien, ça devrait se faire prochainement.

Qu’est-ce qui changerait alors au niveau de ta pratique ?
Je vais être dans la découverte de cet univers que je connais pas. J’en parle au club avec Georges Ory qui est pro, mais j’attends aussi de voir par moi-même. Il existe des différences : on ne porte plus de casque, on passe à 4 rounds au lieu de 3, on boxe avec un bandage en dur. Donc l’impact des coups change, ça sonne plus, on recherche plus le KO, qui est assez rare en amateur. Et puis en pro on prend plus le temps de poser sa boxe, d’analyser l’adversaire. Ca conviendrait peut-être mieux à mon profil.

« Je m’appuie sur ce que je fais dans mon sport pour avancer dans la vie et m’aider à me relever quand c’est nécessaire »

C’est-à-dire ?
Je suis quelqu’un qui analyse beaucoup, qui réfléchis à comment s’adapter à l’adversaire. Je suis comme ça aussi dans la vie et dans mon travail : très perfectionniste. Mais en amateur, souvent ça attaque vite, on boxe avec plus de rapidité et de spontanéité. C’est une caractéristique qui me fait parfois défaut.

Et quelles sont tes forces ?
Je ne baisse jamais les bras, je ne lâche pas. Je me fixe toujours des défis. J’ai par exemple toujours accepté tous les combats, toutes les filles, sans vraiment calculer. J’ai participé à 12 combats amateur en 2017, c’est beaucoup mais c’était toujours un nouveau défi que je me lançais. Celui de passer pro en est un aussi.

art2


En pro, il y aura moins de combats, plus d’entraînements aussi…

Moins de combat c’est vrai, et un temps de préparation plus important pour chacun. On a le temps de bien se préparer, de connaître l’adversaire et de définir une stratégie. L’entraînement va évoluer aussi. Jusqu’ici j’étais à 3-4 séances par semaine. Une fois pro, ce sera tous les jours. Et puis mon entraîneur me l’a dit : « Si tu passes pro, on va changer ta boxe ». Les appuis notamment doivent être plus solides pour rester debout et mieux résister. L’hygiène de vie sera aussi un élément important, car les catégories de poids sont plus strictes. Il va falloir que je perde un peu pour être entre 59 et 61 kg.

Quel sera l’impact dans ta vie professionnelle ?
Aujourd’hui je travaille dans l’assemblage-démontage de mobilier, un travail un peu physique. Et même si l’on est « pro », il n’est pas envisageable d’arrêter de travailler car on ne vit pas de la boxe en France. Après c’est vrai que j’aurais peut-être besoin de plus de jours, pour préparer les combats, aller boxer contre d’autres pros. On verra si cette adaptation est possible. Il faut trouver un équilibre car une chose est sûre : je ne peux pas me permettre de perdre mon travail à cause de la boxe.

Tu as toujours fait beaucoup de sport. Qu’est-ce qu’il t’apporte au quotidien ?
Oui j’ai fait de l’aviron, du hand surtout, un peu de foot et d’athlé aussi étant jeune. La boxe aujourd’hui m’aide beaucoup. C’est un sport où il faut être solide mentalement, et ça me permet de mieux gérer les aléas de la vie quotidienne. J’arrive mieux à relativiser. Je me dis que dans ce sport assez dur, je parviens à me dépasser, à réussir des choses dont je ne me sentais pas capable auparavant. Dans la vie, c’est pareil. Je m’appuie sur ce que je fais dans mon sport pour avancer et m’aider à me relever quand c’est nécessaire.

>> Suivre l’actu d’Emilie et des boxeurs et boxeuses de l’Angers Boxing Club sur la page Facebook du club…

Petit format Article
 

articles

recommandés

Une nouvelle étape pour Olivier Auriac, Président de l’association

Skatepark d’Angers : la bonne glisse des sports urbains

Jade Leroueil : « Le plaisir de la vitesse »