28 août 2018

Jean-Claude Deluteau, le « couteau suisse » des Ducs

#LesIndispensables. Ils ne sont pas sur le terrain à jouer, mais sans eux, il manquerait quelque chose… Ce sont les indispensables du sport angevin ! Nouvel épisode aujourd’hui avec Jean-Claude Deluteau, alias « JC », le responsable matériel des Ducs d’Angers depuis sept ans. Alors que nos Dalleux sont en pleine préparation (ils reçoivent le champion en titre rouennais en amical ce soir  avant la première journée de Ligue Magnus le 14 septembre au Haras contre Grenoble), en coulisses, ce passionné ne compte pas ses heures pour répondre aux multiples besoins des joueurs tout au long de la saison. 

Par Charles Dubré-Beduneau
Photos: Jérémy Gorget

Alors que les Ducs ont réinvesti leur vestiaire du Haras pour une ultime saison le 10 août dernier et rechaussé les patins trois jours plus tard, certains membres du staff sont déjà à pied d’oeuvre en coulisses depuis le 1er août. C’est le cas du responsable matériel de l’équipe, Jean-Claude Deluteau. « J’ai toujours hâte que les joueurs arrivent, que le vestiaire se remplisse et reprenne vie », explique ce dernier depuis le bord de la glace. Cet après-midi là, l’entraînement est optionnel et ils ne sont que six joueurs, surtout des jeunes, sur le glaçon. Pourtant, dans l’exigu couloir menant au vestiaire, dont il connait et optimise les moindres recoins, Jean-Claude ne chôme pas, surtout en cette période de pré-saison. « Les joueurs testent leur nouveau matériel et je dois apprendre à connaître les besoins des nouvelles recrues, surtout en ce qui concerne l’affûtage des patins et la souplesse des crosses (spécifiques à chaque joueur). On échange beaucoup. Je note tout et j’ai une fiche pour chaque joueur. Le matériel des Canadiens a presque un an d’avance sur nous! » 

Premier dans le vestiaire, dernier parti

IMG_5356A 54 ans, ce Choletais d’origine entame sa huitième saison en tant que « chef matos » chez les Ducs, après une longue expérience à ce poste chez nos voisins du 49, les Dogs. Plombier-chauffagiste de formation, Jean-Claude a été obligé de se reconvertir après s’être brisé l’épaule… en jouant au hockey. Si son poste lui procure une position privilégiée, au coeur de l’équipe, il exige surtout une grande disponibilité, beaucoup d’organisation et une sacrée polyvalence. « Mon rôle est de mettre les joueurs dans les meilleurs conditions possibles pour qu’ils n’aient rien d’autre à penser qu’à performer sur la glace: ça commence par des petites choses toutes bêtes comme remplir les gourdes, en passant par laver les maillots, mais aussi réparer un casque ou des gants », résume-t-il humblement. D’un naturel discret, le « Mr. Bricolage » des Ducs n’est pas du genre à se mettre en avant. Pourtant, son rôle est essentiel, non seulement d’un point de vue purement technique, mais aussi psychologique. Les hockeyeurs, et surtout les gardiens, sont en effet très tatillons, voire maniaques avec leur matériel ; d’où l’importance de créer une relation de confiance avec les joueurs. Les jours de matchs à domicile, Jean-Claude arrive au Haras dès 8h et ne repart pas avant minuit. « Il faut préparer le « morning skate » (le petit entraînement du matin) puis la collation d’avant match et il y a toujours des détails à régler avant le match. »

« Il faut aimer bricoler »

Pendant les matchs, « JC » ne s’éloigne jamais ni du banc ni de son chariot à crosses et se tient prêt à intervenir à tout moment, quitte à faire un aller-retour express au vestiaire pour aller chercher une lame de rechange. « En match, il peut se passer tout et n’importe quoi. Le plus fréquent ce sont les crosses ou les lames cassées. Mais une fois, un joueur a eu son patin fendu de haut en bas dans un choc. Il faut aimer bricoler et trouver des astuces. J’ai appris à recoudre des patins, remplacer des rivets… On trouve toujours une solution. Avec l’expérience on apprend aussi à anticiper de plus en plus de situations », confie l’intéressé. Pour l’anecdote, la saison passée, les deux plus gros casseurs de crosses de l’équipe s’appelaient Maxime Lacroix et Danick Bouchard.

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Tout au long de la saison, il faut aussi gérer la grosse logistique lors des nombreux déplacements, ce qui n’est pas une mince affaire dans un sport avec autant d’équipements. « On emmène trois grosses malles, sachant qu’il faut aussi prévoir la pharmacie, la machine à café, les micro-ondes… car on prend notre repas directement dans le vestiaires après certains matchs. Mais entre responsables matériel on se prête certains équipements comme des tables, des bacs pour les bains de glace ou des home-trainers par exemple. Au retour, il me faut 45 mn pour faire tourner les machines à laver et tout ranger. Heureusement, je suis bien aidé par Raymond, un bénévole du club. » En playoffs, avec souvent deux matchs en deux jours, le rythme est encore plus intense.

Un métier à part

IMG_5362Malgré les sacrifices et les nuits dans le bus loin de la famille, Jean-Claude Deluteau a conscience de la chance qu’il a d’exercer un métier à part et ne voudrait l’échanger pour rien au monde. « J’aime tout dans ce job: les échanges avec les joueurs, les différentes ambiances dans les patinoires, la diversité des tâches… Je ne m’ennuie jamais! Et puis on vit tellement d’émotions, que ce soit des victoires, des défaites, les blessures… Après les matchs c’est souvent difficile de trouver le sommeil, il faut attendre que l’adrénaline redescende. » En attendant de déménager dans la nouvelle patinoire et de profiter de plus de place et de comfort, le « McGyver » angevin va continuer d’oeuvrer sans relâche pendant encore quelques mois sous les travées du Haras.

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