4 octobre 2018

Stéphane et Alexis Delestre, la passion du vélo de père en fils

#MadeInAngers. Cet été, Alexis Delestre (20 ans) a remporté la première édition du grand prix de Brain-sur-l’Authion, devant son père Stéphane (46 ans). Les deux coureurs de la Team EVAD-Quinoa d’Anjou partagent depuis une dizaine d’années la même passion pour le vélo. Interview croisée. 

Par Charles Dubré-Beduneau
Photo de couverture: Le Courrier de l’Ouest

Stéphane, d’où vient votre passion pour le vélo, que vous avez transmise à Alexis? 

Quand j’étais jeune je vivais dans un lotissement où il y avait beaucoup de cyclistes, ça m’a donné envie de les suivre. J’aimais bien l’état d’esprit, c’était convivial. J’ai ensuite commencé la compétition et je me débrouillais pas mal. J’ai même eu des contacts pour rejoindre l’équipe professionnelle de Jean-René Bernaudeau. Finalement j’ai choisi de ne pas me lancer dans une carrière de cycliste professionnel. Je regrette un peu aujourd’hui de ne pas avoir tenté l’aventure. Mais j’ai gardé cette passion, que je partage avec plaisir avec Alexis. 

Alexis, était-ce naturel de suivre la roue de votre père?

Pas tout à fait. J’ai fait trois ans de natation, puis trois ans de foot avant de me tourner vers le vélo en club. Ce que j’aime dans le vélo c’est le dépassement de soi, toujours essayer de repousser ses limites, non seulement physiques mais aussi mentales. C’est à la fois un effort individuel, mais aussi collectif car on peut rarement gagner une course tout seul. J’aime aussi le côté stratégie. 

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En juillet, au grand prix de Brain-sur-l’Authion, vous terminez 1er et 2e. C’est déjà très rare de voir un père et son fils dans la même course, mais là c’est vraiment inédit…

Stéphane: On l’avait déjà fait il y a trois ans lors d’une course dans le Morbihan. Pour nous c’est super sympa. Au grand prix de Brain, j’étais bien et je me suis échappé. Alexis m’a suivi. Ensuite c’est plus facile d’aller au bout d’une échappée quand on est deux que tout seul. En plus on n’a presque pas besoin de se parler, on sent quand l’autre a besoin de souffler et qu’il faut prendre le relais. On marche beaucoup à l’instinct. Quand il le faut, je n’hésite pas à me sacrifier pour Alexis. 

Alexis: Les autres coureurs se méfient de nous en général. C’est vrai que c’est plus motivant d’être en « duo »: quand l’un est devant, l’autre a envie de le rattraper. Et on s’encourage l’un l’autre dans les moments difficiles. On se complète bien. 

Vous vous entraînez ensemble? 

Alexis: Oui on roule souvent tous les deux, entre 10 et 15h par semaine. On rigole beaucoup mais il y a aussi un peu de compétition entre nous, on se fixe des petits défis, par exemple: « Le premier arrivé à tel panneau » etc. 

Stéphane: À l’entraînement on se teste souvent tous les deux, mais ça reste un jeu entre nous. Moi je fais aussi pas mal de natation et de course à pied pour varier un peu et améliorer ma récupération. Je ne suis plus tout jeune! 

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Stéphane, quels conseils donnez-vous à Alexis?

Je lui montre comment bien préparer et bien entretenir son matériel: quels pneus ou boyaux utiliser en fonction du parcours, de la météo, adapter le gonflage… Ce sont des petits détails mais qui peuvent permettre d’éviter une crevaison. J’essaie aussi de l’aider à prendre confiance en lui. Je lui transmets un peu de mon expérience. Il faut du caractère pour s’imposer dans un peloton. Il faut aussi être malin pour éviter les chutes ou sentir la bonne échappée. Les coureurs sont de mieux en mieux préparés et de plus en plus polyvalents. Mentalement, il faut être costaud. 

Alexis, quels sont tes prochains objectifs?

Je vais participer au Paris-Tours Espoirs ce dimanche (211 km entre Bonneval et Tours). C’est la dernière course sur route de la saison. L’an prochain l’objectif sera, comme cette année, de gagner au moins une course et j’espère accrocher plusieurs podiums. 

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