30 mars 2022

Paul Boudehent : « Le SCO Rugby, là d’où l’on vient »

#MadeIn49. 3e ligne du Stade Rochelais actuel 4e du Top 14, Paul Boudehent, 22 ans, faisait également partie cet hiver du groupe France élargi qui a préparé le Tournoi des Six Nations. Une saison faste dont nous parle celui qui fut licencié au SCO Rugby durant ses jeunes années.

Textes : Valentin Deudon
Photos : Didier Von Tillmann et SCO Rugby

Paul, tout a commencé pour toi au SCO Rugby à l’âge de 10 ans. Quels souvenirs conserves-tu de cette époque ?
En effet, c’est là où nous avons débuté le rugby mon frère et moi (voir l’encadré en fin d’article, ndlr). C’est là d’où on vient, il ne faut pas l’oublier. Personnellement, j’y suis resté jusqu’à mes 14 ans. C’était vraiment le rugby plaisir, les copains, un moyen de nous défouler dans un sport super sympa qui véhicule de bonnes valeurs. A l’époque, on ne parlait pas de performance ni de haut niveau.

Tu ne te projetais pas encore dans une carrière pro ?
Pas du tout ! Disons que je n’en faisais pas une fixation. Idem à 14 ans en partant au Stade Nantais. J’étais heureux de cette opportunité, mais ça n’aurait pas été plus grave que ça de ne pas y aller. Etant jeune, je me rappelle d’une stat qui disait que seuls 8% des joueurs des équipes Espoirs dans les clubs pros disputaient ensuite un match ou plus en Top 14… J’étais donc loin d’avoir des garanties.

Il paraît que tu as aussi joué au hockey-sur-glace ?
Avant le rugby oui. Et c’est un sport que j’ai trouvé extraordinaire, j’avais vraiment accroché. A tel point que les rares fois où nous revenons sur Angers, j’aime essayer d’aller voir jouer les Ducs. Je suis déjà allé deux fois à l’IceParc. Ca fait du bien de sortir du rugby, de changer d’atmosphère. J’apprécie la vitesse du hockey, j’aime aussi ce côté show à l’américaine.

Tu connais quelques joueurs des Ducs ?
Avec Pierre, nous avions passé une soirée au Matt Murphy’s après un match. On avait sympathisé avec Téo Sarliève notamment. Nous sommes d’ailleurs restés en contact, et les hockeyeurs des Ducs doivent venir prochainement à La Rochelle pour un de nos matchs.

Quand vous rentrez sur Angers avec ton frère, quel est le programme ?
Les week-ends libres sont très rares, donc ça n’arrive pas si souvent. Lorsque c’est le cas, Angers n’est pas forcément la première destination. C’est plutôt Savennières, là où habitent nos parents. On aime rester tranquilles dans la maison familiale, où nous avons tous nos souvenirs d’enfance. Ca fait toujours un bien fou.

artPaul Boudehent au milieu des U14 du SCO Rugby venus voir un match à La Rochelle en octobre dernier.

Tu occupes le poste de 3e ligne. Peux-tu nous parler des qualités que requiert ce rôle ?
C’est un profil assez hybride. Le 3e ligne doit être capable de se déplacer beaucoup, en couvrant de grandes distances mais aussi par des efforts plus explosifs. Il doit savoir à la fois plaquer, aller dans les rucks, être en mêlée, manier le ballon, sauter en touche… C’est le poste où on fait le plus de choses différentes et cette polyvalence me plait beaucoup. Après, on ne sait pas tout faire parfaitement et chaque 3e ligne a ses caractéristiques propres. Moi par exemple, je vais surtout courir et me déplacer, je suis plus un manieur de ballon qu’un gros défenseur.

Quels sont les objectifs du Stade Rochelais pour cette fin de saison ?
Nous sommes aujourd’hui 4e du Top 14, même s’il ne faut pas trop se fier au classement qui est serré et bouge beaucoup. Mais l’objectif est clair : aller en phase finale, donc finir dans les 6 premiers. Une fois que ce sera validé, on rehaussera l’objectif en visant le titre de champion de France. Mais il faut déjà assurer la qualification…

Tu as découvert une autre dimension cet hiver en étant appelé en équipe de France A, dans un groupe élargi pour préparer le tournoi des Six Nations. Raconte-nous cette expérience.
Moi et quelques autres étions là pour préparer le tournoi, et très sincèrement, c’était un honneur. Une expérience très enrichissante pour moi, car il y avait des pointures à tous les postes. On arrive au niveau international, ce qui se fait de mieux… C’était d’autant plus intéressant que les Bleus ont très bien marché avec ce Grand Chelem. Ca donne forcément envie d’y retourner.

As-tu appris des choses en particulier en lien avec ton poste de 3e ligne ?
Oui et non, je m’inspire un peu de tout le monde et de personne. Les 3es lignes, on fait globalement tous la même chose, mais on est tous différents. J’ai plein de choses à apprendre d’eux, mais je dois aussi garder mon identité, ma façon de jouer. Je crois que ce stage m’a plus fait grandir en dehors du terrain, dans la gestion et la préparation de ce type de moments.

Remerciements au Stade Rochelais pour la mise en relation et les photos. Merci au SCO Rugby pour la photo de Paul avec les U14 du club.

Paul et Pierre, frères de sang et de rugby
Parler avec Paul, c’est aussi parler de Pierre. Paul prononce régulièrement le prénom de son frère aîné, emploie souvent le nous, évoque des souvenirs communs. Il faut dire que les frangins Boudehent, 24 et 22 ans, ont un parcours assez similaire. Les deux grands rugbymen, 1,94 m et 1,92 m, ont démarré à Angers, au SCO Rugby, avant de rejoindre le Stade Nantais, puis d’atterrir tous deux à la formation du Stade Rochelais. Ils ont été internationaux U20, pas en même temps, puis se sont fait leur place dans l’effectif pro du club charentais, chacun à son rythme. Les blessures respectives, quelques petites, des longues aussi, les ont parfois éloignés, des terrains seulement. La force de la famille, leur éducation, les valeurs de leur sport les maintiennent soudés, toujours. Et puis est arrivé un beau jour, un grand jour pour eux, pour leur papa, pour leur maman. Ce jour où ils ont joué ensemble leurs premières minutes communes en pro. C’était le 7 décembre 2019 en Coupe d’Europe, La Rochelle recevait Glasgow et on ne veut même pas savoir qui a gagné, qui a perdu. Juste lire ce qu’a dit Paul après le match, Paul qui parlait alors aussi pour Pierre : « On attendait tous les deux ce moment depuis vachement longtemps. Nos parents sont les premières personnes à qui on a pensé. On était heureux de leur donner ce moment de plaisir. »

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