30 mai 2018

Stéphane Lavieille, Born to be wild

#SportEntreprendre. La Cage, le nouvel espace de loisirs indoor qui vient d’ouvrir avenue Patton, c’est son idée. D’intermittent du spectacle à chef d’entreprise, le parcours de l’Angevin Stéphane Lavieille, 46 ans, n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. Rencontre avec un entrepreneur atypique, passionné par les sports de glisse, et toujours à l’affût de nouveaux projets.

Par Charles Dubré-Beduneau
Photos Franck Potvin

art1Cela fait à peine un mois que La Cage a ouvert ses portes avenue Patton mais il a déjà les mains dans le cambouis, à réparer ses eDrift Trikes, des tricycles électriques avec lesquels on peut s’amuser à faire des dérapages (plus ou moins) contrôlés. C’est l’une des attractions de son tout nouveau concept. « C’est l’activité qui marche le mieux depuis l’ouverture, donc il y a des petites réparations à faire. Pour le moment, beaucoup de gens regardent la vague mais n’osent pas encore s’y essayer », explique Stéphane Lavieille. Angers n’est que la troisième ville en France (avec Bordeaux et Perpignan) à proposer ce type de vague artificielle, qui permet de découvrir ou redécouvrir toute l’année et en toute sécurité les plaisirs d’une bonne session de bodyboard ou de surf.

Casquette vissée sur la tête, short, t-shirt, baskets et barbe de trois jours : l’entrepreneur angevin affiche un look très décontracté, plus proche du businessman californien que du chef d’entreprise « classique » en costume cravate. Derrière le bar de son tout nouvel établissement, en guise de décoration, trônent les planches de wakeboard de ses fils, Jules (19 ans, vice-champion du monde amateur) et Paul (17 ans, vice-champion de France). Stéphane leur a transmis sa passion pour les sports de glisse, lui qui a connu ses premières sessions de voile avec la NDC au Lac-de-Maine, avant de partir à 15 ans en sport-études à La Rochelle. « J’ai fait la préparation des JO d’Atlanta avec l’équipe de France, tout en sachant que j’avais très peu de chance d’y aller », raconte-t-il. 

20 ans dans les coulisses des tournées

Stéphane abandonne la voile à regret et se lance dans la vie professionnelle en tant qu’intermittent du spectacle, avant de travailler pendant plusieurs années pour diverses chaînes de télévisions à Paris. En 2003, il décide de revenir à Angers et crée avec sa femme, Sandrine, sa première entreprise : Kreat Box, spécialisée dans le son et lumières pour les concerts. « On a découvert aux Etats-Unis une technologie atypique et unique qu’on était les seuls à proposer en France. On a travaillé sur les tournées de grands artistes français comme Vanessa Paradis, Jean-Louis Aubert, Cali, Johnny… mais aussi beaucoup localement. On a eu jusqu’à 30 salariés. C’était chouette mais c’était beaucoup de déplacements et assez stressant », confie Stéphane. Après la rachat de Music Décor en 2009, l’entreprise continue de se développer au niveau local. Mais en 2012, le rachat de l’entreprise choletaise Audio Scène se révèle être un échec. « On a réfléchi avec Sandrine et on s’est dit qu’on avait tous les deux envie de faire autre chose, on cherchait plus de stabilité et un projet plus familial. »

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Ses trois enfants ayant pris goût au wakeboard, Stéphane découvre le concept du téléski nautique (notamment sur le site de Anjou Wake Park) et se met en tête d’ouvrir un site similaire à Angers ou dans sa très proche banlieue. Mais les obstacles administratifs finissent par décourager le couple. « On voulait rester dans le domaine du loisir et de la glisse, mais on s’est dit qu’on pendrait moins de risques en proposant un lieu de multi-activités, ouvert au grand public, aussi bien pour les enfants que pour les adultes », précise Stéphane. C’est encore une fois de l’autre côté de l’Atlantique qu’il trouve l’inspiration : adapter le drift trike, initialement utilisé pour dévaler les routes de montagnes, en y ajoutant un petit moteur électrique et le proposer sur un circuit en intérieur. « Je n’ai pas réussi à en trouver aux Etats-Unis et du coup il a fallu que j’importe 100 trikes d’Australie ! ». La vague et les trampolines ne tardent pas à venir compléter l’offre. Mais il faudra presque deux ans avant de trouver le lieu idéal (3 500 m2 dans les anciens locaux Bull, avenue Patton) pour accueillir toutes ces activités. 

« Je m’ennuie vite »

Au total, un investissement de 2 millions d’euros, dont 1 million rien que pour la vague. 16 personnes ont été embauchées, 50% de demandeurs d’emploi et 50% d’étudiants. « La Cage est l’aboutissement d’un projet de longue haleine… Avec Sandrine on a failli abandonner plus d’une fois. Mais on s’est serré les coudes, on s’est accroché à nos idées et au final, ça valait le coup de persévérer ! », se félicite le patron angevin. Toujours en quête de nouveaux défis, Stéphane Lavieille est déjà tourné vers la suite. « J’aime chercher et trouver des idées innovantes, puis les réaliser. Mais comme beaucoup d’entrepreneurs, je m’ennuie vite une fois qu’un projet voit le jour. Angers est une ville test. Si le concept marche, on essaiera de le dupliquer ailleurs. » En attendant, les premières semaines d’ouverture sont chargées et il a largement de quoi s’occuper. Même pas le temps d’aller surfer. 

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