29 janvier 2019

Brossier-Breton, le couple qui bouscule l’athlétisme

#Association. Derrière l’ascension fulgurante d’Amandine Brossier se cache Sullivan Breton, son préparateur physique et conjoint. L’ex-basketteuse, qui a lancé sa saison 2019 le week-end dernier, et l’ex-champion de BMX forment depuis trois ans un couple atypique qui bouscule le petit monde de l’athlétisme français. 

Par Charles DUBRÉ-BEDUNEAU
Photos: Franck POTVIN

« Je suis un peu un ovni dans le monde de l’athlétisme », s’amuse Sullivan Breton. En effet, l’Angevin de 28 ans est davantage connu pour ses performances en BMX race, discipline qu’il a pratiqué pendant vingt ans dont dix à haut niveau. « J’ai fait quelques bons résultats au niveau européen et mondial mais j’ai fait l’erreur de croire que je pouvais y arriver tout seul. Je ne me suis pas entouré comme il aurait fallu, j’ai mal géré mes blessures et du coup je n’ai pas atteint mes objectifs… J’ai été obligé d’arrêter suite à de gros problèmes de dos. » 

Motivation décuplée après le décès de sa soeur jumelle

Après avoir obtenu son diplôme d’entraîneur en 2011, il coache pendant cinq ans de jeunes riders. « C’était une bonne première expérience mais à un moment donné j’ai eu envie de découvrir un autre sport. Le BMX, j’en avais fait le tour. » Sullivan décide de se tourner vers l’athlétisme. « Comme les courses de BMX, les 200 et 400m demandent beaucoup d’explosivité au départ, puis de l’endurance. Je suis arrivé à Angers Athlé en même temps qu’Amandine. Moi j’étais nul, j’ai abandonné au bout d’un an, mais j’ai tout de suite vu qu’elle avait un potentiel énorme« , se souvient-il. Alors qu’il propose à Amandine de s’occuper de sa préparation physique, Sullivan perd sa soeur jumelle, victime d’un cancer, avec qui il était très proche. « On faisait beaucoup de choses ensemble, dont du BMX… Ça a été très douloureux, et ça l’est encore aujourd’hui. Je pense à elle tous les jours. Après son décès, je me suis remis en question ; je me suis dit que je devais faire les choses plus sérieusement et ça m’a motivé à être le meilleur coach possible, à ne pas répéter les mêmes erreurs que j’avais pû faire pendant ma carrière en BMX. »

« Amandine aime aller au combat » 

La collaboration entre l’ex-basketteuse devenue sprinteuse et l’ex-champion de BMX reconverti en préparateur physique (également à la tête d’une petite entreprise de décoration d’intérieur) porte rapidement ses fruits. « Ça a fonctionné tout de suite, il y a eu un très bon feeling entre nous dès le départ. On a eu de la chance de se rencontrer au bon moment… C’est assez inespéré ce qu’on a réussi à faire en seulement trois ans. C’est un peu un conte de fée. » L’implication et la détermination affichée au quotidien par notre lauréate 2018 pour atteindre ses objectifs ne cesse d’impressionner son coach. « Amandine est une éponge, elle est très intelligente et comprend très vite ce que l’on attend d’elle. Elle a la chance d’avoir un physique ultra complet, plus proche de celui de triathlète que de sprinteuse en fait, ce qui lui permet d’avoir une capacité de travail assez hors-norme. Et en plus de tout ça, elle sait ce qu’elle veut. C’est une fille qui aime aller au combat. J’ai rarement vu quelqu’un avec un mental aussi solide… »

Cet hiver, le couple a redoublé d’efforts pour préparer Amandine à relever un nouveau défi: le 400 mètres individuel et en relais 4×400 (féminin et bientôt mixte aux Jeux Olympiques). « Il n’y a pas de 200m en salle cette saison donc Amandine va se tester sur 400m. On part un peu dans l’inconnu mais je suis confiant. Il faut juste qu’elle améliore ses départs. Les 30 premiers mètres sont essentiels. Une fois qu’elle est en tête, elle est très difficile à battre. » Le tandem Brossier-Breton trace sa route en gardant toujours en tête l’objectif ultime: les JO. « Je lui dit depuis qu’on a commencé à travailler ensemble que si elle se qualifie pour les Jeux j’aurais atteint mon objectif et j’arrêterais de l’entraîner, sourit Sullivan. On verra bien… Ce qui est sûr c’est que le jour où elle ne progressera plus avec moi il faudra qu’elle trouve un autre coach. En attendant, je pense qu’on a encore de belles choses à faire ensemble. » Amandine et Sullivan espèrent écrire un nouveau chapitre de leur belle histoire à Glasgow (2-3 mars) lors des championnats d’Europe en salle.

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