23 février 2020

Mathieu Renard, des performances à couper le souffle

#MadeInAngers. Dans l’antichambre de la natation, sans doute la discipline reine des sports aquatiques, l’apnée est plutôt méconnue. L’Angevin Mathieu Renard en a fait sa passion. Au milieu d’un entraînement, il nous l’a racontée, le temps d’un instant savoureux.

Par Thomas Charrier

Photos : Théo Bariller-Krine

Mercredi soir, piscine Jean Bouin. Il est 20h. Le bruit du silence laisse penser qu’il n’y a personne dans les parages. Un rapide coup d’œil au bassin ne suffit pas pour déceler la présence de quelqu’un. Pourtant, un homme est bien là. Seul, allongé à la surface de l’eau, le souffle coupé… Ces quelques lignes correspondraient parfaitement à l’entame d’un roman policier sombre. Mais l’histoire de l’apnéiste angevin Mathieu Renard, 36 ans, est bien plus fascinante. Et plus belle aussi.

Comme un poisson dans l’eau

Et vous, à quoi pensez-vous lorsque l’on évoque l’apnée ? D’emblée, sans réfléchir, quelle image vous vient à l’esprit ? Peut-être que votre représentation de cette pratique se rapproche du tableau peint au début de cet article. Ou peut-être pas. Les connaisseurs de ce sport « atypique » savent qu’il ne se résume pas au simple fait de retenir son souffle… Bien sûr, « arrêter de respirer c’est très facile », mais l’apnée ne se résume pas qu’à ça.

Quand il parle de sa passion, Mathieu Renard est captivant. Son calme olympien et sa voix posée nous transportent avec lui dans son univers. Comme lorsqu’il s’est exprimé devant une grande assemblée de sportives et sportifs angevin.es, le 8 novembre dernier, sur la scène du théâtre Chanzy. Son discours marque les esprits. Pourtant, « je n’étais pas super à l’aise », avoue-t-il, plein d’humilité.

Il se souvient de ces instants précieux passés avec son père dans les eaux normandes, à pratiquer la pêche sous-marine. Le petit Mathieu grandit habité « par l’idée d’aller dans l’eau, mais plutôt en milieu naturel, au bord de la mer ». A première vue, rien ne le destine donc à se lancer dans l’apnée… Jusqu’en 2006, l’année de ses 23 ans.

 « En apnée, on se crée notre petite balade intérieure »

Son père joue, une nouvelle fois, le rôle de précurseur : « il faisait de la plongée bouteille dans les carrières de Trélazé, avant de très vite bifurquer vers l’apnée ». Et puis « un jour, il m’a dit : « c’est vachement bien, tu devrais venir ! » C’est à partir de là que tout a commencé. Mathieu découvre l’apnée dynamique mono palme, qui deviendra sa spécialité. Il enfile sa combinaison d’1 millimètre 5 d’épaisseur, chausse ses palmes et plonge au fond du bassin de 50 mètres, sans penser à la compétition. Au début, « après une longueur, j’étais au bout de ma vie » confesse-t-il, le sourire aux lèvres.

L’apnée est un effort qui se décompose en deux temps : d’abord, « on se met dans sa bulle » et goûte à l’agréable sensation « de lâcher-prise ». Mais attention, « tant que tu te sens super bien, le travail en apnée n’a pas commencé ». Ensuite, « on met en place des schémas mentaux pour essayer de s’évader encore plus afin d’accueillir avec douceur les signaux que nous envoient notre corps. On se crée notre petite balade intérieure ». Il apprend et observe ses copains parcourir jusqu’à 100 mètres immergés dans l’eau, sans relever la tête. Des performances qui l’impressionnent, à l’époque, et qui font naître en lui l’envie de les imiter.

L’appel de la compétition

Mathieu intègre un petit groupe de compétiteurs, formé par des apnéistes des clubs de l’ACPC (Angers Club de Plongée Carrière) et Neptune Vaillante Angers dont il est licencié. Mathieu progresse rapidement aux côtés de Julien, Olivier et Jean-Mathieu, ses partenaires d’entraînement cette semaine. Il se prépare toujours de la même manière avant de mettre la tête sous l’eau : il se détend, rempli ses poumons d’air et visualise la performance qu’il va réaliser. Rien n’est laissé au hasard : il prépare le contenu des séances en amont et s’entraîne presque tous les jours. Chaque exercice est réfléchi avec Julien, son binôme, qui lui est plus à l’aise en apnée statique, immobile à la surface de l’eau.

Simple coïncidence ou signe du destin, c’est à Angers que Mathieu prend part à sa première compétition d’apnée. Il réalise de belles performances, en parcourant un peu plus de 100 mètres en dynamique palme, et tient 5 minutes 30 en apnée statique. Depuis, il ne cesse de gravir les échelons en se fixant des objectifs de plus en plus hauts. En début de saison 2019, il remporte une manche de Coupe de France à Saint Malo en s’imposant sur les deux épreuves de dynamique palme. Puis, il améliore ses performances avec des records à 219 mètres en dynamique mono palme et 176 mètres en dynamique bi palme.

Avec en ligne de mire les championnats de France programmé mai 2020 à Limoges… Et le rêve d’intégrer l’Equipe de France, dont la sélection officielle sera annoncée au même moment.

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