16 avril 2020

« Un rêve d’aller faire du roller en Chine » – Titouan De Galassus

#Résonance. Parler du monde en parlant d’Angers. Montrer le monde en montrant Angers. C’est l’idée de Résonance, créé par plus d’une quarantaine d’étudiants en troisième année de communication-journalisme à l’Université Catholique de l’Ouest (UCO), avec qui l’association collabore depuis quelques années désormais. Alors que la 4ème édition de l’Appel à Projets Sportifs vient de débuter, découvrez le portrait détaillé de Titouan De Galassus, lauréat 2019 « Élite ». 

Par Corentin Fouillet, Vianney Henry & Anne-Lise Levacher

Article à retrouver également sur Résonance

Il est seulement âgé de 17 ans mais pratique déjà le roller slalom à haut niveau, Titouan de Galassus est l’un des meilleurs Français de sa discipline : le freestyle slalom.

À sept ans, son père lui offre sa première paire de patins à roulettes. Tout commence là pour Titouan qui prend vite goût aux sensations de glisse. Il se perfectionne avec des cours de roller et travaille ses bases, la marche arrière, le freinage, etc. “Je voulais me balader dans la rue sans shooter les gens au passage” plaisante Titouan. Mais c’est à 9 ans qu’il a vraiment le déclic : “j’avais vu une personne faire du slalom au club, je l’ai observé et ça m’a vraiment plu. Elle m’a proposé de venir essayer un soir et depuis je n’ai pas lâché.” Depuis, Titouan est licencié à l’Intrépide d’Angers et s’entraîne au stade de Salpinte le mardi, le vendredi, le samedi parfois et le dimanche. Ils sont seulement cinq au sein du club à pratiquer ce sport au niveau senior. Titouan est le plus jeune d’entre eux.

Le freestyle slalom, un sport qui mélange art et technique

Le freestyle slalom, aussi appelé slalom figure, est un sport individuel qui demande beaucoup de technique et permet aussi de “s’exprimer artistiquement” précise Titouan. Concrètement lors des compétitions, chaque sportif à deux minutes pour réaliser un maximum de figures sur une musique choisie auparavant. Sur certains aspects, cette discipline s’assimile au patinage artistique. Mais le praticable n’est pas le même. L’un se patine sur la glace, l’autre se pratique sur une surface bétonnée. L’objectif est de slalomer entre trois lignes de plots, les deux premières de 20 plots et la troisième de 14. Les écarts entre les plots sont respectivement de 50 cm, de 80 cm et de 1,20 m. C’est entre ces plots que le slalomeur va s’exprimer artistiquement en enchaînant des figures plus impressionnantes les unes des autres. Une véritable chorégraphie qui nécessite une musique parfaitement calibrée. “C’est difficile de trouver une bonne musique, il faut des parties très rythmées, dynamiques, explosives et d’autres moins” précise Titouan. L’année dernière le jeune angevin, élève en première au lycée Mongazon, préférait réaliser ses figures sur du rock. Aujourd’hui ses goûts musicaux se sont déportés sur le hard-rock. “C’est un style qui permet d’avoir des moments explosifs” complète Xavier Chauvin, son accompagnateur. Titouan n’a pas d’entraîneur, il programme lui-même ses entraînements. Xavier Chauvin s’entraîne avec lui et l’accompagne dans sa progression, il pratique le slalom en loisir depuis plus de 20 ans, il veut avant tout se faire plaisir.

Confirmer son niveau à l’international

Titouan de Galassus est vice-champion de France en slalom classic et quatrième français en slalom battle (Ndlr : Ils sont une quinzaine en France à faire de la compétition au haut niveau comme Titouan. Sinon, en tout, il y a 69 000 adhérents à la Fédération Française de Roller et de skateboard). “L’objectif de Titouan est aujourd’hui de confirmer son niveau à l’échelle internationale, chez les grands” souligne Xavier Chauvin qui nuance toutefois que “la marche entre le national et l’international est importante”. En effet, au niveau mondial, les Russes et les Chinois dominent le championnat. Ils possèdent indéniablement plus de moyens et d’infrastructures qu’en France. Dans notre pays la culture du sport est moins présente. Il arrive un moment dans la vie d’un athlète français où il faut choisir entre le sport et les études. En Chine ou en Russie c’est différent, les jeunes sont poussés à faire du sport et tout est mis en oeuvre pour qu’ils réussissent dans la discipline choisie. Par exemple en Russie des salles sont ouvertes 24h sur 24h pour permettre au slalomeur de venir s’entraîner quand ils le souhaitent. Ce sont ces deux pays qui ont offert au roller les meilleurs athlètes de son histoire. Il y a par exemple le Russe Sergey Timchenko, “qui a énormément fait évoluer la pratique du roller et m’inspire beaucoup.” déclare Titouan, qui avoue regarder de nombreuses vidéos de ses performances. Techniquement, en slalom figure, “il faut se tenir constamment à jour car le niveau et les figures évoluent en permanence. En 10 ans le niveau du roller slalom a augmenté vélocement. Des figures réalisées au niveau international sont désormais reléguées au national.” Des figures que Titouan répète sans arrêt lors des ses entraînements à la Roseraie. Il cherche à améliorer le moindre détail pour faire mieux que sa saison de 2018.

2018 une saison révélatrice, 2019 se montre plus sombre, 2020 s’avérera peut-être blanche

C’est en 2018, alors qu’il n’a que 15 ans, que Titouan de Galassus réalise sa meilleure saison. Il remporte son titre de vice-champion de France en slalom classic, ce qui lui vaut sa qualification pour le Championnat d’Europe où il décroche la 3ème place.  L’année dernière, notre angevin a la tête ailleurs, et enchaîne les contre-performances. La pression est trop forte.

Cette saison, il comptait se racheter mais en cette période de confinement, toutes les compétitions sont annulées jusqu’au 19 avril 2020. Puis si tout va bien il y aura une compétition nationale à la fin du mois d’avril mais Titouan n’y crois pas trop… “Ça va être une saison compliquée, et pour le championnat de France le 27 et 28 juin je ne sais pas comment on va faire !” déclare-t-il. Cependant il reste une lueur d’espoir qui fait rêver notre jeune dalleux. Une lumière qui nous vient de Chine et qui n’a rien à voir avec le coronavirus, celle des Championnats du monde de Shanghai fin août. Une opportunité que Titouan ne veut pas laisser passer, “c’est un rêve d’aller faire du roller en Chine. En plus j’apprends le chinois au lycée, il faut bien que ça serve à quelque chose !”. Pour espérer s’envoler vers l’Empire Céleste, notre lycéen doit être sélectionné en Equipe de France, une chose qu’il avait déjà faite lors de sa brillante saison de 2018. “Il en est capable” insiste Xavier, “il peut le faire, il faut juste qu’il soit concentré et qu’il ne fasse pas d’erreur”. En effet le roller slalom est un sport très mental, il faut sans cesse répéter les figures pour caler les gestes, trouver le bon équilibre pour les réaliser à la perfection. Un objectif de perfection devenu une obsession chez le jeune slalomeur car la moindre erreur peut gâcher une prestation.

Pendant une compétition, l’une des dimensions les plus importantes demeure la concentration. En effet, la pression, il la ressent avant chaque passage car “les gens me connaissent et savent ce dont je suis capable.” Pour rester concentré et être le plus performant, il met en place « une petite routine » avant chaque passage.

La routine Galassus

“D’abord je salue les gens quand j’arrive, puis une heure avant mon passage, je commence à rouler en faisant des tricks simples, un peu de freestyle. Ensuite, 15/20 minutes avant, je mets ma musique, je fais mes lignes et cinq minutes avant de passer, je me pose et je me concentre sur ma respiration pour ne pas penser aux choses négatives.”

Le mental joue sur les performances sportives et cette dimension Titouan l’a bien comprise en fin de saison dernière. A cette période, il participe à deux compétitions internationales et par deux fois il n’a pas performé. Il  pense en premier lieu à des ajustements techniques “mais j’ai vite compris que c’était le mental qui ne suivait pas” se rappelle le jeune angevin. “Je me mettais beaucoup de pression notamment vis-à-vis de mes parents qui m’accompagnaient à chaque fois et qui faisaient des sacrifices. J’avais donc envie de les rendre fiers, leur rendre ce qu’ils me donnent en faisant un podium”. Et c’est sur ce point que La Dalle Angevine entre en piste.

Pour un mental de Dalleux  

La Dalle Angevine offre au slalomeur des séances d’hypnose assurées par Guillaume Liaigre. Cet hypnotiseur et sophrologue basé à Avrillé travaille avec beaucoup de sportifs (comme Pierre Sabatier, ex-lauréat) et les aide à améliorer leur performance en relâchant la pression au moment de la compétition. Pour cela il utilise la technique de l’hypnose Ericksonienne, une hypnose douce qui accompagne le patient dans son changement et l’aide à apporter un nouveau regard sur lui-même. Ces séances ont commencé début janvier et collent parfaitement au calendrier des compétitions. “Il m’apporte beaucoup dans la gestion des entraînements. Avant j’y allais en force, on continue, on continue… Maintenant je travaille trois ou quatre fois la même figure, je me pose une minute et j’y retourne. C’est un détail mais ça m’aide beaucoup.” Guillaume Liaigre aide le jeune slalomeur à être dans l’instant présent. Titouan avait tendance à s’imaginer des scénarios catastrophes avant ses passages. Ces séances d’hypnose accompagnent Titouan pour prendre confiance en lui mais également à prendre conscience de son talent. “Lors de ma première séance il m’a dit : tu as du talent, garde-le. Cette phrase a été un déclic. Elle m’a redonnée de la force et de la confiance. J’ai compris que j’étais bon dans ce sport.”

Ces séances l’aident à “se sentir mieux” nous confie-t-il. Il espère que cela paiera lors de ses prochaines compétitions nationales et internationales. Quand pourra-t-il revenir à la compétition ? Il l’ignore. Pour l’heure notre dalleux garde le moral et continue à s’entraîner chez lui, parfois dans son salon. Il le sait, le travail paye, c’est en slalomant que l’on devient slalomeur.

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