9 novembre 2020

Les Ducs au coeur d’un projet de recherche scientifique

#Découverte. Les Ducs ont récemment annoncé le début d’une collaboration inédite avec le laboratoire « Motricité, Interactions, Performance » de l’Université de Nantes. Son but: comprendre les mécanismes psychologiques intervenant dans la performance d’une équipe de hockey sur glace et par extension d’une équipe de sport de haut niveau. Explications avec Kevin Mahot, le préparateur physique et mental de l’équipe de Brennan Sonne, en charge du projet.

Propos recueillis par Charles DUBRÉ-BEDUNEAU
Photos: Théo BARILLER-KRINE

Kevin, pouvez-vous vous présenter et détailler votre parcours professionnel ?

Je suis le préparateur physique des Ducs depuis maintenant quatre saisons et pour le centre de formation du club depuis la saison dernière. Je gère aussi la salle de sport Le Club, rue Baudrière, depuis le printemps 2019. J’ai un parcours assez atypique dans le milieu puisque j’ai commencé par des études d’histoire (je suis titulaire d’un Master de recherche en histoire contemporaine) avant de revenir vers mes premiers amours que sont le sport et la performance. J’ai travaillé avec le Brissac Aubance Basket puis pendant trois saisons avec les basketteuses de l’UFAB. J’ai commencé à intervenir auprès des joueurs des Ducs d’abord individuellement, notamment auprès d’internationaux pendant l’été (Antonin Manavian, Dimitri Thillet, Nicolas Arrossamena, Robin Gaborit, Brian Henderson…), et de fil en aiguille j’ai été recruté par les Ducs. Je suis désormais salarié en contrat de collaboration scientifique avec l’Université de Nantes. J’ai par ailleurs un Diplôme Universitaire en préparation mentale.

« Nous souhaitons faire des Ducs un pôle de rayonnement tant au niveau de la performance que de la recherche »

Pourquoi cette collaboration scientifique ? Comment a-t-elle vu le jour et quels sont ses objectifs ?

Je voulais donner une autre profondeur à mon métier, apporter encore plus de qualité scientifique et d’analyse sur nos pratiques. C’est dans la dynamique du club que de développer le hockey. Nous souhaitons faire des Ducs un pôle de rayonnement tant au niveau de la performance que de la recherche. L’équipe est passée dans une toute autre dimension avec l’IceParc. Les joueurs qui composent le vestiaire cette saison ne sont plus du tout les mêmes qu’il y a trois ou quatre ans. On veut faire progresser à la fois nos jeunes et nos pros, ce qui demande un réel investissement humain, financier et scientifique.

Est-ce une première dans le hockey français ?

Le premier au sein d’un club, mais je dois saluer l’excellent travail de Jérôme Perez qui est lui aussi chercheur associé mais au sein de la fédération. Il a aussi en charge le développement physique du hockey féminin. C’est un excellent chercheur et il n’hésite pas à me soutenir. J’aime beaucoup la dynamique qui est en train de se créer dans le hockey français car la phase invisible de la performance est en train de monter d’un cran et de se professionnaliser. Par exemple j’échange beaucoup avec Stéphane Gervais, le préparateur physique des Brûleurs de Loups de Grenoble, on partage je pense la même vision de notre métier qu’on met au service des pros bien sûr mais  aussi des jeunes. On lit tous les deux beaucoup et on s’informe sur les différentes approches, ce qui se fait dans d’autres pays… Le hockey évolue très vite et la préparation aussi. Par exemple, Robin Gaborit n’a plus le même rôle aujourd’hui qu’il y a trois ans. On doit s’adapter en fonction des systèmes de jeu du coach.

« L’idée sera de montrer comment une équipe s’organise collectivement pour faire face à des stresseurs partagés. Je vais montrer quels sont les réseaux qui se mettent en place formellement ou de manière informelle au sein de l’équipe pour réussir à être performant »

Concrètement, comment cela va se mettre en place ? Quelle sera la méthode utilisée et avec quels outils ? Combien de temps va durer cette collaboration ?

Oh la la… grosse question ! Pour être précis il me faudrait une quinzaine de pages ! Mais pour être bref je vais mettre en place un suivi longitudinal, des sessions de Focus Group et une analyse structurale des équipes. L’idée sera de montrer comment une équipe s’organise collectivement pour faire face à des stresseurs partagés. Je vais montrer quels sont les réseaux qui se mettent en place formellement ou de manière informelle au sein de l’équipe pour réussir à être performant. Cette collaboration durera quatre ans en tout. 

Pourquoi avoir choisi le laboratoire MIP de l’Université de Nantes

Je cherchais une directrice de thèse spécialisée dans les approches interindividuelles de la performance, j’ai trouvé la personne idéale auprès de Julie Doron qui est une spécialiste des stratégies d’adaptation et qui connaît très bien le haut niveau puisqu’elle travaille énormément avec l’INSEP.

Est-ce que le processus et/ou les résultats obtenus seront accessibles au public ?

Bien sûr. Je vais publier des articles scientifiques et j’espère aussi mettre en place un blog de vulgarisation scientifique autour du hockey mais le Covid a monopolisé une large partie de mon temps jusqu’à maintenant.

« Je crois que les maîtres mots depuis le mois de mars sont adaptation et résilience »

À terme je crois avoir compris que vous souhaitez en faire profiter tout le sport angevin ?

Oui, c’est l’idée même de cette recherche: partager les résultats et ainsi aider les coachs dans leur formation.

Comment faites-vous pour garder les joueurs en forme pendant cette période d’incertitude, sans matchs ?
Et bien je crois que les maîtres mots depuis le mois de mars sont adaptation et résilience. Donc je sais que mon plan  initial sur la prépa physique a été largement bouleversé. On travaille beaucoup avec le coach et les joueurs pour garder un haut niveau de motivation. Au niveau physique je m’adapte pour que les joueurs gardent un haut niveau de force et d’explosivité. On profite aussi des temps un peu plus creux pour corriger quelques lacunes physique. On va faire face collectivement.

La situation actuelle est un sacré test pour le mental des joueurs…

C’est certain. Chacun gère cela différemment mais le plus difficile est de rester dans l’incertitude. On ne sait pas si les matchs reprendront dans une semaine, un mois ou pas du tout ! Je reste disponible pour ceux qui souhaitent échanger, soit dans mon bureau soit par téléphone. Ça dépend vraiment des besoins des uns et des autres, il y a beaucoup de travail informel. J’espère que nous serons bientôt fixés sur la suite de la saison.

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