26 novembre 2020

Léonille Marchand: « Dans le foot freestyle, la progression est sans limite »

#MadeInAngers. Pour Léonille Marchand, le foot ne se résume pas à un match à 11 contre 11 sur une pelouse. La jeune Angevine, licenciée à l’AS Ponts-de-Cé Football, est passionnée par le football freestyle et s’entraîne très fort pour espérer se mesurer aux pointures françaises et internationales de la discipline.

Propos recueillis par Charles DUBRÉ-BEDUNEAU
Photos: Léonille MARCHAND

Léonille, quel est ton parcours ?
Je suis originaire du Maine-et-Loire et j’étudie actuellement à Angers. Je suis en deuxième année de Master 2SER (Sport Santé, Education et Réentrainement), dans la filière STAPS APAS. À travers ce parcours, je me forme à la prise en charge en activité physique adaptée de sportif blessé, ou de populations spécifiques (handicap, maladies chroniques). Mon projet professionnel est d’intégrer un centre de rééducation pour accompagner les patients tout au long de leur parcours de soins et les aider à retrouver au maximum leurs capacités. En parallèle, je souhaite avoir une activité centrée dans la réathlétisation de sportif blessé à mon propre compte. Pour financer mes études je travaille dans un karting depuis quatre ans. Le statut d’auto-entrepreneur me permet de faire de ma passion une source de revenus en réalisant des démonstrations, et des initiations de football freestyle. Grâce, à mon statut, j’ai eu l’occasion de réaliser un show de freestyle football à Paris pendant la diffusion d’un match de coupe du monde féminine. C’est une expérience unique que seul le freestyle peut me faire vivre, et une occasion de faire parler de ce sport pour motiver de nouveaux pratiquants ! 

D’où vient ta passion pour le foot freestyle ? Comment as-tu commencé ?
À 11 ans je passais mon temps à jouer au football dehors et à battre mon record de jongles, jusqu’à dépasser les 500. En 2014 que j’ai eu la chance de rencontrer Nawel Hadjaf, une freestyleuse qui m’a initiée à la discipline. Quand elle m’a vu être à l’aise techniquement, elle m’a toute suite motivée à progresser dans ce sport.  C’est à partir de cette rencontre que j’ai réalisé mes premières figures. Ce que j’aime dans cette discipline c’est la diversité de pratique qu’elle offre. Il y a autant de style que de freestyleurs, il faut trouver son style et après on le développe. Ce qui fait que je persévère dans le freestyle c’est la satisfaction de voir ma progression sur les vidéos, et le sentiment de joie qu’il nous procure lorsque l’on parvient à atteindre notre objectif, en nous donnant l’envie d’aller ensuite toujours plus loin.

« J’admire le travail de Mélody Donchet. C’est pour moi la plus forte de toutes les freestyleuses, elle a encore obtenu le titre de championne du monde cette année, pour la sixième fois. Elle m’inspire beaucoup car elle casse tous les clichés, sur la place des filles dans le freestyle en réalisant des figures et des enchaînements dont personne ne nous pensait capables »

Qui sont tes inspirations ? As-tu des mouvements préférés ?
Depuis que j’ai commencé ce sport, j’admire le travail de Mélody Donchet. C’est pour moi la plus forte de toutes les freestyleuses, elle a encore obtenu le titre de championne du monde pour la sixième fois cette année. Elle m’inspire beaucoup car elle casse tous les clichés, sur la place des filles dans le freestyle en réalisant des figures et des enchaînements que personne ne nous pensait capables. Le freestyleur qui m’inspire le plus est Erlends, c’est un Norvégien qui a été sacré cinq fois champion du monde et qui fait preuve de rigueur, de technique et de persévérance. Constamment dans la recherche pour s’améliorer, il crée des figures toujours plus élaborées que lui seul maîtrise. Son style d’exécution est très propre et il donne l’impression que ce qu’il fait est facile, c’est un vrai spectacle quand on le voit et c’est magnifique. En freestyle, il y a trois catégories de mouvements : le « upper », correspond aux mouvements avec le haut du corps, le « lower » correspond aux figures avec les jambes, et enfin le « sit », quand on est assis. Mon mouvement préféré est dans la catégorie du lower, le ATATW (1,5 tour avec les pieds autour du ballon). Les noms sont un peu compliqués ! 

As-tu déjà participé à des compétitions nationales ou internationales ? Si non, est-ce que cela fait partie de tes objectifs ?
Non, je n’ai encore jamais participé à des compétitions nationales ou internationales. Je participe seulement en tant que spectatrice, pour voir mes amis freestyleurs qui viennent de toute la France et partager un moment 100% freestyle. Si je parviens à m’entrainer de façon encore plus régulière et intense, je pourrai envisager une participation à une compétition. Pour le moment, je continue à prendre du plaisir, et si je me sens prête je pourrais y songer.

« C’est un sport complet qui associe force, souplesse, concentration, explosivité, rigueur, persévérance et endurance. Il est donc important de travailler en dehors du freestyle sur ces points clés »

Selon toi, quelles sont les qualités nécessaires pour briller en freestyle ?
C’est une discipline exigeante et complète qui demande de la rigueur en termes de rythme d’entrainement si l’on veut une progression, et de la persévérance. La persévérance est un point essentiel, toute étape demande du temps, et rien ne s’acquiert facilement. La concentration est nécessaire dès lors que l’on veut un entrainement sérieux et productif, notamment lorsque l’on n’a pas beaucoup de temps pour s’entrainer. Une qualité importante également est l’explosivité. La base dans le freestyle pour enchainer les figures est le HTW, c’est l’équivalent d’un tour du monde mais la jambe qui fait le tour du ballon et le réceptionne est différente de celle qui l’envoie. Enchainer les HTW pour réaliser de longs enchaînements nécessite d’être explosif, il n’y a pas de temps d’arrêts, avec un rythme exigeant et avec une endurance au top pour ne pas subir le rythme. La souplesse, l’équilibre, la coordination, sont des éléments nécessaires dans notre discipline. C’est un sport complet qui associe force, souplesse et endurance. Il est donc important de travailler en dehors du freestyle sur ces points clés.

T’entraînes-tu seule ou as-tu un coach ? Combien d’heures par semaine ?
Je n’ai pas de coach, mais je m’entraine avec des freestyleurs angevins et nantais (Ghislain Boissard, Lorenzo). On se retrouve devant le théâtre du Quai et on s’entraine pendant des heures. Ensemble, on peut se motiver, se donner des conseils, des feedbacks. Le freestyle est un sport individuel mais le collectif a une place importante. C’est grâce à Ghislain que j’ai appris à structurer mes entrainements, et à avoir confiance en moi dans cette discipline.  Avec la situation actuelle je m’entraine seule tous les jours en moyenne une heure et demie. Cela change de mon habitude mais ça me permet de redevenir autonome, comme avant, où je me fixe mes propres objectifs et je poursuis la séance tant que j’en ai l’envie.

Est-ce que le mental joue un rôle important ?
Le mental est très important dans notre discipline ! Je suis bien placée pour répondre car l’année dernière je me suis fixée l’objectif de battre mon record d’HTW de façon régulière et avec un style propre. J’ai alors pris très au sérieux cet objectif et concentré tous mes entrainements dessus, sans progression. Le mental en a pris un coup et j’ai petit à petit réduit mes entrainements et n’avaient plus la même motivation pour m’entrainer. Aujourd’hui, à force d’y croire, je parviens à battre ce record et cette progression me motive pour améliorer d’autres aspects de ma pratique. Aujourd’hui, pour éviter de perdre en motivation je ne me fixe plus un mais plusieurs objectifs ! 

Sur quels aspects penses-tu pouvoir progresser ?
La progression est sans limite dans le freestyle. C’est un sport en évolution, il y a tellement de choses à travailler, à améliorer, à créer que l’on est en perpétuelle recherche de progression. Je suis très exigeante et j’aime quand la réalisation du geste est parfaite au point de ne pas en voir la difficulté pour le spectateur. Dans cette perspective-là, je travaille beaucoup mon style dans la catégorie lower et upper qui sont mes favorites. Je m’entraine de façon quotidienne dès que je le peux pour gagner en maitrise sur des figures et enchaînements plus difficiles, et ainsi varier mes enchainements. La régularité me permettra de gagner en niveau et pourquoi pas à l’avenir m’engager dans des compétitions nationales. 

Quels sont tes autres loisirs ? Pratiques-tu d’autres sports qui t’aident pour le freestyle ?
Je suis passionnée de sport, j’aime évoluer dans différents domaines et c’est pour cela que je pratique plusieurs sports, même si je fais du freestyle ma priorité. Je suis licenciée au club de football des Ponts-de-Cé depuis cette année. Je pratique régulièrement la course à pied et me lance des défis sur des semi-marathons. Je pratique le bodyboard et débute le surf également. Le freestyle m’aide dans la pratique du football en club pour les contrôles, la technique, la conduite de balle et inversement pour le toucher du ballon. La course à pied m’aide pour l’endurance. Selon moi, tous les sports sont complémentaires et aident à développer des aptitudes qui peuvent être transférées dans une autre discipline. 

 

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