31 mai 2021

« Il n’y a pas de vérité dans le sport. Ce sont les qualités mentales qui font la différence »

#ParolesDeCoach. Le 15 avril dernier, L’EAB officialisait la nomination de Sylvain Delorme en tant que nouveau coach de l’équipe professionnelle. Formé à l’INSEP,  joueur professionnel pendant treize ans, double champion de France avec les Espoirs de Cholet, entraîneur de grands joueurs comme Rudy Gobert, Kevin Séraphin ou bien Kylian Hayes… Le nouveau coach des Dalleux fait partie des grands CV du monde de la balle orange. La saison prochaine il s’attaquera à un nouvel objectif, pour la première fois de sa carrière, il coachera une équipe senior. Retour sur un parcours riche en expérience, entre monde professionnel et formation…

Propos recueillis par Grégoire Delatouche
Photos : Théo Bariller-Krine et EAB

« Mon oncle m’a dit tu es grand, tu devrais faire du basket. Et ça a commencé comme ça »

Poussé par sa mère, les premiers pas de Sylvain Delorme dans le sport se font à travers le tennis. C’est son oncle qui lui conseille de faire du basketball. Plus qu’un sport, Sylvain Delorme découvre une passion. « Mon oncle m’a dit tu es grand, tu devrais faire du basket. Et ça a commencé comme ça. […] Tout de suite c’est devenu une passion. D’une part, parce que j’avais une bonne disposition physique. D’autre part, parce que contrairement au tennis, je me suis retrouvé dans un sport collectif, où nous étions tous ensemble, si quelque chose n’allait pas il y avait toujours un coéquipier pour nous aider. […] C’est l’esprit collectif qui m’a plu. […] J’ai commencé à 8, 9 ans, tout de suite il n’y a eu que le basket dans ma vie. […] Très vite, j’ai voulu vivre de cette passion. » Passé par le pôle régional de Champagne-Ardenne, puis le pôle de l’INSEP avant de signer son premier contrat pro à l’âge de 19 ans, Sylvain Delorme connait 13 années en tant que basketteur Pro, passant par Cholet, Angers, Châlons-en-Champagne, Epinal ainsi que Maurienne et Longwy.

« La carrière de joueur va très vite. On n’a pas conscience de ça, lorsqu’on est dedans »

Sa transition vers l’après-carrière commence à Épinal. « La carrière de joueur va très vite, on n’a pas conscience lorsqu’on est dedans. […] C’est mon assistant coach à Epinal qui me pousse à passer le diplôme d’entraineur régional. » Tout s’accélère lors de sa dernière saison. « Lors de ma dernière saison en national 3, j’en profite pour passer mon BE1.  Et à la fin de l’année, Cholet m’appelle car il cherche quelqu’un au centre de formation en cadet. C’est une occasion en or. C’est une occasion de redonner ce qu’on m’a donné. Ce n’est pas tout le monde qui peut rentrer à Cholet ». Sylvain Delorme a cette volonté de transmettre, de transmettre sa passion du basket. C’est d’ailleurs ce qui le pousse à accepter la proposition de Cholet : « J’adore le basket avec mes règles. Le basket c’est un moment d’échange de relations, tout le monde peut être mis en valeur sur un parquet. J’aime le beau jeu, échanger avec les joueurs, le coaching s’est présenté logiquement. Lorsqu’on est entraineur d’un centre de formation, on est aussi éducateur, on est formateur, on accompagne le joueur dans sa globalité : le joueur et l’homme ».

À Cholet, Sylvain Delorme connait deux mondes bien distincts : la formation, en étant coach des espoirs, et le monde pro, en étant assistant coach de l’équipe A. Il différencie ces deux mondes de manière simple : « Dans le monde de la formation on met en exergue l’intention, dans le monde professionnel on se focalise sur le résultat.  […] Les résultats sont primordiaux. » Il a sa définition du poste d’entraineur en formation : « Lorsqu’on est entraineur d’un centre de formation, on est aussi éducateur, on est formateur, on accompagne le joueur dans sa globalité : le joueur et l’homme. On sait que le joueur a un rêve, on doit le faire passer du rêve à la réalité. On doit le faire basculer. C’est un travail de longue haleine sur les jeunes, alors que chez les pros c’est la culture de l’instant. Il y a une différence entre coach de formation et coach professionnel. On se base sur les intentions lors de la formation, on explore. Dans le monde professionnel, le joueur est factuel, il doit faire ce qu’il sait faire. » Pour lui, rien n’est acquis chez les jeunes, c’est à eux d’aller chercher leur réussite et cela passe par leur mentalité : « La gestion de l’échec est essentielle. Il n’y a pas de vérité dans le sport. Ce sont les qualités mentales qui font la différence. Rien n’est acquis chez les espoirs, c’est un sport collectif, l’objectif c’est l’équipe avant tout. »

Avec du recul, Sylvain Delorme reconnait que ces années en tant que formateur lui ont permis d’acquérir beaucoup d’expérience : « On apprend beaucoup avec ses joueurs, c’est un échange, on transmet différemment en fonction des joueurs. Il faut encourager, donner les bonnes intentions.  J’ai plus appris que je ne leur ai appris. »

« J’espère que la montée en PRO B se fera avec moi »

Arrivé à Angers en 2020 pour entrainer les cadets de l’Académie, Sylvain Delorme a connu une année tourmentée due à la situation sanitaire. Elle lui a tout de même permis de réfléchir, c’est cette réflexion qui l’a amené à postuler pour reprendre l’équipe senior pour la saison prochaine. « J’ai fait la demande pour être le coach, je suis un compétiteur, je veux coacher des seniors. J’étais venu pour un projet avec l’Académie, une opportunité est apparue… »

Il a beaucoup observé l’équipe cette année, avec déjà en tête l’envie de construire l’équipe la plus performante pour l’année prochaine : « J’ai d’abord suivi l’équipe en tant que supporter, jusqu’au moment où j’ai su que je serai le futur coach. À ce moment-là, on développe une réflexion sur le potentiel des joueurs, sur les systèmes que l’on veut mettre en place. J’ai rencontré tous les joueurs, c’est important. Quand je les ai écoutés, j’avais envie de travailler avec tous, il y avait un bon feeling. […] Je vais faire ce que je sais faire de mieux pour aider, j’espère que la montée en Pro B se fera avec moi. On peut avoir des idées, il faut qu’elles se vérifient dans le temps. C’était important de voir les joueurs, de communiquer, de les entendre. La vision du joueur est différente lorsqu’on le voit jouer en match et lorsqu’on l’entraine. C’était important de connaitre leurs sensations. Le club doit passer une étape supérieure, comme tous les clubs, ils veulent tous aller au niveau au-dessus. La structure du club est bonne, les dirigeants sont motivés, à l’écoute, ils ont leur conviction et leur savoir-faire.  Les six dernières victoires montrent la qualité du groupe. Laurent a fait du bon boulot. L’académie a encore grandi cette année. […] Le club a beaucoup d’atouts pour réaliser ses objectifs. »

« Il n’y a pas de décisions personnelles, elles doivent toujours se prendre pour l’équipe »

« Je n’ai pas été un grand joueur, j’ai une certaine humilité vis-à-vis des erreurs. On se réjouit de la réussite de ses joueurs. On veut que les joueurs soient prêts pour agir de manière collective. L’important c’est que chacun ait sa place, tout apport est important. […] Je veux que mes joueurs se sentent bien, qu’ils soient dans le bon état d’esprit. Il est important de discuter, de comprendre les intentions de ses joueurs sur leurs décisions. Il n’y a pas de décisions personnelles, elles doivent toujours se prendre pour l’équipe. […] L’ADN que je veux infuser à mes joueurs ? Le partage, le fait de ne rien lâcher, toujours aller vers l’avant, ne pas subir. Des bonnes émotions : c’est ce qu’on va véhiculer aux joueurs et ils doivent en véhiculer entre eux.  On va essayer d’en procurer aux spectateurs qui viendront nous voir jouer. On va essayer de faire du bon basket, partager le ballon, que tout le monde ait sa place. Et même s’il y a des échecs, car il y en a toujours, l’essentiel est que les émotions soient bonnes et que les critiques soient positives. »

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