6 août 2021

Alexandre Martin, angevin et co-fondateur de Trashtalk

#MadeInAngers. Une des deux figures du média TrashTalk, premier média NBA en France au ton décalé, est issue d’Angers. Alexandre Martin, revient avec nous sur ses liens avec Angers et son implication chez TrashTalk. Il nous fait également part de son avis sur la fin de saison NBA ainsi que sur le parcours de l’Équipe de France aux Jeux Olympiques.

Par Auguste Amar

« C’est le point commun de tous ceux qui ont monté TrashTalk, des passionnés de basket, passionnés d’écriture. »

Bonjour Alexandre. Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Alexandre Martin, j’ai 43 ans, je suis né à Angers. Depuis 2013, je participe activement à TrashTalk. Je suis l’un des fondateurs de ce média, avec Bastien que la plupart des gens connaissent mais aussi Julien, Giovanni, David, Benoit. Depuis le début de l’année 2016, je ne fais que ça. Cela a pris presque 3 ans avant de pouvoir rémunérer notre équipe.

Angers et toi, c’est une histoire qui dure encore ?

Je viens régulièrement à Angers, j’ai encore de la famille là-bas, notamment mes parents.  J’ai encore un lien avec Angers, j’ai vu la ville évoluer. Je n’y habite plus depuis que j’ai 18 ans parce que j’ai fait mes études supérieures ailleurs, à Reims, mais j’y reviens souvent.

Angers est une ville qui voit sa côte de popularité grimper pour plusieurs raisons, notamment sportive. Est-ce une fierté pour toi d’être originaire de cette ville ?

Je me sens quand même assez parisien. Cela fait 20 ans que j’habite à Paris. Mais si demain je dois aller habiter ailleurs qu’à Paris, Angers sera sans doute ma priorité. Parce que j’ai des attaches, j’aime la taille « humaine », les facilités de déplacement, la campagne autour…

Avec les bonnes performances de l’UFAB qui monte dans l’élite et de l’EAB, t’intéresses-tu au basket angevin de près ou de loin ?

Je suis assez dépassé en termes de basket français en général. J’ai toujours été très NBA. Quand j’étais plus jeune et que j’habitais en Anjou, j’allais pas mal dans le choletais. J’ai été plein de fois à la Meillerais à Cholet quand j’étais ado. Dans les années 90 à Cholet, on a quand même vu des gars bien sérieux. J’ai de nombreux souvenirs incroyables dans cette salle de basket. Comme j’étais plus angevin que choletais j’ai été pas mal voir l’Anjou BC (devenu l’Étoile Angers Basket) à l’époque qui était en Pro B. Il y avait un meneur que j’aimais beaucoup qui s’appelait Jeanneau.  Quand j’ai quitté la ville ça a été plus dur de suivre. Je n’ai jamais été très Pro A, j’allais voir Cholet parce que c’était à côté et que l’ambiance des salles de basket c’est un truc que j’adore. Mais j’ai toujours été plus NBA, très jeune on regardait avec mes potes la NBA sur Canal. Ce qui nous faisait rêver à l’époque c’était Michael Jordan ou Charles Barkley ou Patrick Ewing. C’est quand même autre chose. Donc avec le temps je suis devenu un vrai spécialiste, passionné de NBA.

Quand vous avez fondé TrashTalk, quels étaient vos objectifs ?

Quand on a fondé TrashTalk, l’idée dans un premier temps c’était d’en vivre. On n’avait pas d’autres objectifs par contre on était déterminé à créer nos propres emplois, chose qu’on a réussi et qui est déjà une immense fierté. Après, c’est vrai qu’aujourd’hui on a explosé certains de nos objectifs mais également d’autres sont encore à atteindre. Tu nous aurais dit en 2015 qu’on allait sortir un premier livre en 2018 et qu’il allait cartonner, franchement on ne t’aurait pas forcément cru. Ce livre était déjà un grand accomplissement pour des gars comme nous qui avons monté TrashTalk non pas pour faire de la vidéo mais tous parce qu’on aimait écrire. C’est le point commun de tous ceux qui ont monté TrashTalk, des passionnés de basket, passionnés d’écriture.

Livre en novembre, Shop en ligne en février, arrivée de Bastien sur Twitch quasiment chaque soir avec ses « Allez café » pendant la saison régulière, Agenda tout fraîchement sorti, tout en continuant les articles et les vidéos. Où est la limite de TrashTalk ?

Il y a des limites naturelles qui nous sont données comme par exemple les moyens humains. C’est plus de la bonne gestion de temps qui nous permet de faire ce genre de chose. Par exemple la vidéo, c’est quelque chose qui nous prend beaucoup de temps au quotidien. Faire tourner le site internet, c’est du quotidien aussi. C’est vraiment une équipe de rédaction qui s’occupe de ça avec notamment Giovanni et Nicolas, les deux rédacteurs chefs du site, avec des contributeurs, des pigistes, des stagiaires. Il y a plus de monde car tu dois entretenir une certaine qualité et en même temps tu dois parler de tout donc il y a de la quantité aussi. Sur la vidéo, on privilégie la qualité. L’année dernière lors du premier confinement, on s’est totalement réorganisé pour mettre un gros coup de booster sur le livre. Comme ça nous a enlevé plein de chose on s’est dit qu’on allait utiliser notre temps pour finaliser plus vite que prévu notre livre. Il devait être fini en juillet/août, désormais il fallait qu’il soit terminé en juin. On savait que la NBA reprenait et qu’on allait se retrouver dans un tourbillon d’actualité. Cependant, on est tous des passionnés, l’équipe grossit aussi, on embauche des gens petit à petit chez TrashTalk, ce qui est obligatoire et plutôt bon signe. Parce qu’on oublie trop souvent la partie gestion et suivi de projets qu’il y a dans les médias. Un média aujourd’hui ce n’est pas juste écrire des articles, ou se poser devant une caméra. C’est aussi se dire pour la création d’un agenda : quand est-ce qu’on y travaille, qui y travaille, combien on paye les gens qui y travaille, c’est de la réflexion. Il y a des tâches fastidieuses mais elles sont essentielles. Chez TrashTalk, personne ne vient du milieu des médias donc on a été obligé d’apprendre sur le tas à réfléchir pas qu’en terme de contenu mais également en termes de gestion et de réflexion. Au final, ce qui nous permet d’enchaîner autant c’est notre très bonne organisation, la confiance que nous apportes les gens, et les moyens que nous donnent certaines personnes que ce soit des éditeurs de livres ou des sponsors vidéo. Un moment donné on peut tourner en rond autant qu’on veut, il te faut un peu d’argent pour construire tes projets, produire de la vidéo, écrire des articles etc…

Quand on pense à TrashTalk on pense tout de suite à toi et à Bastien. Mais nous mettons trop peu en lumière les autres membres de la rédaction qui produisent un énorme travail. Peux-tu nous parler de l’organisation interne ?

Oui c’est vrai et c’est à cause de la vidéo ou grâce à la vidéo. Aujourd’hui, on est dans une époque médiatique où beaucoup de choses sont dirigées par l’image, tu ne peux rien faire contre ça, c’est le jeu. Donc Bastien et moi, nous sommes les têtes de gondoles, les plus connues du média TrashTalk. Mais de la même manière que si tu regardes beIN Sports (diffuseur officiel de la NBA ndlr), tu connais Mary Patrux, Xavier Vaution, Rémi Reverchon et les autres chroniqueurs mais pas ceux qui se trouvent derrière la caméra, les chefs d’éditions, les régisseurs alors qu’ils sont autant importants.

Avec la notoriété que vous avez aujourd’hui, quels projets souhaitez-vous mettre en place ?

On a des idées dans l’évènementiel, on a des objectifs, des choses auxquelles on réfléchit. On a participé et soutenu à Bourg-en-Bresse un tournoi de trois contre trois en 2016, 2017 et 2018. Mais un de ces quatre ça serait quelque chose sur lequel on se penche sérieusement, un bon vieux tournoi d’été TrashTalk. À voir comment ça s’organise car il faut des infrastructures, beaucoup de gens pour t’aider mais dans l’idée ça serait un bon objectif atteint.

Dans un mois commence les JO. Comment le sens tu pour les bleus ? Troisième au dernier mondial, un Rudy Gobert une nouvelle fois DPOY (meilleur défenseur de l’année en NBA), un Batum qui renaît chez les Clippers, un Fournier qui sera au rendez-vous, la France fait-elle partie des favoris ?

Disons qu’il y a un grand favori (les USA ndlr) et qu’après la France fait partie du groupe d’outsiders avec les Espagnols, les Serbes, à moindre mesures les Slovènes et les Croates. Mais la France a une très belle équipe et a pour objectif de ramener une médaille à mon avis. Attendons de voit avec quels joueurs car tu en as cité comme Nico Batum et Rudy Gobert qui sont encore en playoffs l’un contre l’autre (au moment de l’interview puisque l’équipe de Rudy Gobert s’est faite éliminée entre temps ndlr). Celui qui est éliminé aura le temps de se reposer, mais celui qui passe au prochain tour aura de moins en moins de temps. Est-ce que toutes les grosses stars NBA seront là ? J’ai vu que Vincent Collet avait appelez un groupe de 16 joueurs où il y a Evan Fournier, Rudy Gobert, Nicolas Batum, même Frank Ntilikina qui n’a pas trop joué avec les Knicks. On a plein de bons joueurs, on a un vivier incroyable dans le basket français. La formation à la française est excellente sans se mentir. On a des athlètes magnifiques, on a des joueurs qui ont compris comment jouer au basket, pas juste qui sont grands et qui sautent haut. Il s’agit de gars qui savent être technique. On a de l’expérience également, je te parle de Nico Batum mais Evan Fournier et Rudy Gobert ça commencent à avoir de l’expérience. Nando de Colo il en a une immense. Pareil pour un joueur comme Thomas Heurtel. La France est dans cette catégorie d’équipe qui sont très sérieuses, pas facile à battre, ça défend bien, quand les tirs rentrent la France est vraiment forte.

Sur ces mots très optimistes pour notre équipe de France en vue des Jeux Olympiques de Tokyo, s’achève notre entretien avec Alex de TrashTalk. Un plaisir d’avoir pu échanger avec lui sur ses racines angevines, son travail au sein du média TrashTalk, et sa vision pour les prochaines échéances de basket en NBA et pour les JO.

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