9 décembre 2021

À l’Open P2i, des bénévoles haut en couleurs

#LesIndispensables. La première édition de l’Open P2i, tournoi international de tennis féminin porté par l’Angevin Nicolas Mahut, s’achèvera ce dimanche après-midi avec la grande finale. Un événement rendu possible entre autres grâce à l’engagement d’une centaine de bénévoles qui s’affairent du matin au soir dans les coulisses de l’Arena Loire de Trélazé.

Texte : Valentin Deudon
Photos : Franck Potvin

Dehors, sur le parking, un ciel gris ardoise s’acharne sur Trélazé. Une pluie violente claque sur le revêtement sombre de l’Arena Loire. Un vent froid, glacé même, invite les visages à de bien tristes grimaces… Alors, fuyant la météo hostile, on pénètre au plus vite à l’intérieur de l’enceinte, où une toute autre atmosphère nous attend. Ici rien de menaçant, pas de décors maussades, plus d’idées noires. Au contraire, des couleurs ! Partout, vives, joyeuses ; de celles qui vous incitent à revenir chaque jour de la semaine. Le violet parfait du rectangle de jeu en plein cœur du court, le jaune éclatant de la petite balle qui ne cesse de rebondir, ou le vert pétillant de la tenue de Clara Burel, joueuse professionnelle de 20 ans licenciée à l’ATC (Angers Tennis Club). Et parmi les autres coloris inévitables, figurent aussi le bleu et le blanc des pulls à marinière portés par certains, ceux que l’on appelle ici « les indispensables » de la vie sportive. Ce sont bien sûr les bénévoles, une bonne centaine d’hommes et de femmes qui se mêlent chaque jour à l’organisation de cette première édition du tournoi WTA angevin.

« Je le répète sans cesse car ça me tient à cœur, mais sans les bénévoles ce genre d’événements ne pourrait pas du tout exister », insiste Baptiste Guermeur, qui coordonne cette équipe pas comme les autres. « On compte beaucoup de personnes retraitées et passionnées de tennis, mais aussi pas mal d’étudiants qui sont plus dans une démarche d’apprentissage. Les journées sont longues, mais ça se passe super bien. Humainement, on s’attache car on vit tous ensemble pendant une semaine, et on sait que ce sera bizarre de se quitter à la fin ». Si certaines tâches sont assurées par des prestataires professionnels, les bénévoles sont eux répartis dans cinq pôles d’intervention, précisés par Baptiste : « Les chauffeurs pour le transport des joueuses, staffs et arbitres, tout ce qui concerne la billetterie, les bars grand public dans le hall, le contrôle des flux de spectateurs aux entrées, et la réception des VIP. Les bénévoles restent sur un même pôle, mais à l’intérieur de chaque pôle, on essaye de mettre en place des rotations pour satisfaire tout le monde ».

Caroline, Jacques, Catherine, Bruno et tous les autres

Au milieu de toutes ces silhouettes en marinière, on croise d’abord Jacques (à l’image ci-dessus) en haut d’un escalier, il garde une des entrées pour accéder à la tribune. En attendant de pouvoir ouvrir les portes à la fin du jeu en cours, Jacques parle de son goût pour le sport, il pratique le rugby à cinq à Saint-Saturnin-sur-Loire. Son rôle de bénévole ? Il le remplit avec gentillesse et discrétion avec son épouse Catherine qui n’est pas bien loin, de l’autre côté de la porte. Licenciée au Tennis Club des quatre saisons, elle ne souhaite pas trop répondre aux questions et trouve une collègue plus bavarde pour s’y coller. Réflexe de ceux qui aiment faire, sans ressentir le besoin de le faire savoir, ce qui est tout à leur honneur. Plus tard, en redescendant vers la buvette, on repère la voix avenante de Caroline qui demande combien il reste de sandwichs. Ce n’est pas pour elle, c’est pour les autres. Elle est responsable approvisionnement pour le tournoi, une mission prenante qui l’amène à veiller à ce que personne ne manque de rien dans cette enceinte, nulle part, jamais. Caroline joue encore au tennis, elle en est fan même, et conseille de feuilleter sur le bar la revue « Courts », réservée aux amoureux de la balle jaune et des émotions qu’elle procure. Il y a aussi à la grande entrée Bruno, qui ne vient « que le soir, car la journée je travaille ». Il vit à Trélazé et fait partie de l’organisation du festival d’Anjou, par laquelle il a eu l’info que le tournoi cherchait du monde. Donc il a répondu présent, pour découvrir la réalité d’un événement sportif.

Philippe : « C’est génial de découvrir l’envers du décor »

Au bord du court, entre deux matchs, pendant un échauffement de Kristina Mladenovic, on s’arrête quelques instants pour bavarder avec Philippe qui partage sa joie d’être là : « La semaine dernière, j’ai aidé à l’installation du court d’entraînement. J’avais mal partout en rentrant mais c’est pas grave ! Je suis là toute la semaine, c’est génial de découvrir l’envers du décor, de voir des joueuses de ce niveau dans notre ville ». Si la plupart des bénévoles résident comme Philippe aux alentours, certaines et certains viennent de plus loin. Céline par exemple, venue de Normandie, près du Havre. Chaque année, elle est bénévole pour les tournois de Lyon, Rouen, Rennes ou Saint-Malo. Alors quand elle a entendu parler de cette grande première en Anjou, elle n’a pas hésité : « J’adore tellement regarder du tennis que j’estime souvent ne pas avoir le choix : si je veux que tous ces tournois continuent, il faut les aider. Ici, je suis responsable de l’accueil partenaires, je fais profiter de ma petite expérience, je donne quelques idées, l’organisation est à l’écoute. Ailleurs je fais parfois les entrées pour pouvoir profiter des matchs ».

Parmi celles et ceux qui accueillent, orientent et informent les visiteurs, on trouve également des visages plus jeunes. En plus des étudiants venus spontanément apporter leur concours, une quarantaine d’entre eux, scolarisés à l’IRSS (l’Institut Régional Sport et Santé, dont une antenne est basée à Angers), se relaient pour assurer diverses missions d’animation et d’accueil. C’est le cas d’Amélie et Audrey, enthousiastes au milieu des visiteurs : « C’est une super expérience, on est au cœur d’un grand événement et on apprend beaucoup ». Michel, Muguette, Jean-Marc, Nadine, Eric, Bernard, Sylvie et bien d’autres complètent cette grande équipe en maillot marinière. Mais le temps passe et il est l’heure de repartir, dans la nuit, la vraie, car les journées se terminent tard pour eux cette semaine à Trélazé. Demain il fera jour et les couleurs de l’Arena brilleront encore. Mais plus pour très longtemps. Il vous reste tout le week-end pour y trouver refuge et profiter d’un tournoi qui a déjà trouvé sa place dans le paysage des grands moments sportifs angevins à vivre tous ensemble.

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