9 janvier 2022

L’IceParc, théâtre de la nouvelle ferveur angevine ?

#LesIndispensables. Les Ducs d’Angers ont sans aucun doute l’une des plus belles patinoires de France et qui affiche souvent complet les soirs de matchs. Mais le public angevin reste très (trop ?) souvent spectateur. Avec l’aide d’étudiants, un nouveau groupe de supporters a pour objectif de dynamiser l’ambiance en tribunes. 

Par Charles Dubré-Beduneau
Photos: Théo Bariller-Krine

Depuis l’ouverture de l’IceParc en septembre 2019, l’engouement populaire est indéniable. Les affluences sont excellentes, même au-delà des attentes du président des Ducs, Michaël Juret. Cette saison, le club angevin affiche la deuxième meilleure moyenne de Ligue Magnus (3482), derrière Grenoble (3716). Sur la glace, le show est au rendez-vous à chaque match. Les hommes d’Ethan Goldberg sont 2e du championnat et qualifiés pour le dernier carré de la Coupe de France. Pourtant, en tribunes, l’ambiance n’est pas toujours à la hauteur d’une telle enceinte. Pourquoi ? Et comment y remédier ?

D’abord, un constat, qui s’applique non seulement à l’IceParc mais également dans les autres stades angevins, comme au Sco: le public angevin, certes connaisseur, a toujours été plus spectateur que supporter. Est-ce la douceur angevine qui tempère les ardeurs et l’enthousiasme dans les tribunes de l’IceParc, de Raymond-Kopa ou de Jean Bouin ? En tout cas, Thierry Moreau et Gilles Moret doivent s’employer au micro pour encourager le public à faire un maximum de bruit et tenter de créer l’étincelle.

Les étudiants présents en nombre le mardi

Pour remplir leur nouvelle arena, les Ducs ont tout de suite eu la bonne idée de cibler la grande communauté étudiante présente à Angers (ils sont environ 40 000) avec des tarifs spéciaux. Un pari gagnant puisque des étudiants de différentes écoles (ENSAM, ESTHUA, ISTOM…) sont présents en nombre lors des matchs du mardi soir et mettent le feu en tribunes. Le kop de l’ESEO remplit au moins une fois par mois la tribune B (154 places), juste derrière le but des Ducs au premier et troisième tiers temps. « On avait fait deux matchs juste avant le Covid. On a vite senti qu’à l’IceParc le public était très familial et l’ambiance était assez « basique » on va dire, explique Clément, étudiant en dernière année et l’un de ses membres actifs. On a la chance d’avoir une patinoire à l’américaine et une des meilleures équipes en France mais il manque ce petit truc, c’est dommage. Comme on a réussi à faire venir un bon groupe à chaque fois, on s’est dit qu’on pouvait apporter un peu de folie mais toujours dans le respect, tout le monde est là pour s’amuser. On a eu de supers retours des joueurs, du club, du public… Les gens sont demandeurs mais n’osent peut-être pas assez ».

« Cette saison il y a un peu plus d’ambiance, on sent que le public est un peu plus réactif, ajoute Antoine. Le mardi il y a souvent un groupe d’étudiants derrière chaque but donc on essaie de se répondre un peu comme au foot dans les virages, même si on ne s’entend pas trop à cause du plexiglas. Notre objectif est de faire kiffer les étudiants qui viennent voir le match, et si ça peut prendre dans tout l’IceParc, tant mieux. Parfois on ne voit pas grand-chose du match tellement on est occupé à encourager les autres étudiants à faire du bruit ! Au départ on est un groupe de potes avec des idées un peu farfelues mais on est assez débrouillard donc on a fait nos drapeaux avec des bouts de tissus et des morceaux de PVC, on a fait nos propres t-shirts… Maintenant on a un vrai budget ce qui nous a permis d’acquérir des mégaphones, un tambour… On travaille sur des chants et on aimerait déployer un grad tifo à l’entrée des joueurs. Dans une belle patinoire comme l’IceParc il y a plein de petites choses comme ça qui peuvent être faites et qui permettront de changer un peu les mentalités pour que les gens se disent « allez, il faut donner un peu plus de voix ». »

Malheureusement, avec le retour des jauges dans les enceintes sportives (2 000 spectateurs maximum en intérieur) et les places qui ont été remises en vente à un tarif unique de 22€, le Kop de l’ESEO ne sera pas présent ce dimanche 9 janvier à l’IceParc pour la demi-finale de la Coupe de France entre les Ducs et les Boxers de Bordeaux (initialement programmée le mercredi 5 janvier mais repoussée à cause de cas positifs au Covid dans l’effectif bordelais).

Le Puck Angevin en complément des Raptors

En revanche, un nouveau groupe de supporters fera sa première apparition à l’IceParc ce dimanche. Ils donneront de la voix pour porter les Ducs vers une cinquième finale, pour l’instant toujours prévue le dimanche 30 janvier à l’AccorHotel Arena de Paris-Bercy. Le Puck Angevin, s’est créé il y a quelques semaines, non pas pour concurrencer les Raptors, le groupe de supporters historique, mais pour apporter un soutien supplémentaire aux Ducs. « En faisant les déplacements, on s’est rendu compte que Cergy, Rouen ou Amiens ont plusieurs groupes de supporters et ça se passe très bien, confie Stephen Eudier (alias Stef Hockey sur les réseaux sociaux) l’un des fondateurs du Puck Angevin. Le club et les joueurs ont tout de suite été réceptifs à notre initiative, notamment Robin Gaborit qui est très impliqué à nos côtés. Cela nous a conforté dans notre idée qu’il y avait de la place pour faire quelque chose. On a contacté le kop de l’ESEO pour avancer ensemble car on a le même projet: dynamiser l’ambiance, enflammer les tribunes de l’IceParc avec par exemple des chants simples, inspirés de ceux du Sco, qui pourraient être repris non seulement par notre groupe mais aussi par les 3 500 spectateurs. Le projet est bien parti avec déjà une cinquantaine d’adhésions. On sera en tribune C, donc à l’opposé des Raptors. L’objectif est de remplir cette tribune, qui compte une centaine de places, d’ici la saison prochaine. » 

 

Ducs d’Angers – Boxers de Bordeaux, à suivre en direct dimanche 9 janvier à partir de 16h sur www.fanseat.com (14 jours d’essai gratuits avec le code HOCKEY14)

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