13 avril 2022

Aude Legeay, une guide pour le handisport départemental

#LesIndispensables. Educatrice sportive et ancienne étudiante de l’IFEPSA, Aude Legeay, 26 ans, a trouvé sa juste place au sein du comité handisport du Maine-et-Loire, qui a pour missions d’organiser et de développer la pratique sur le territoire. Rencontre.

Texte : Valentin Deudon
Photos : Théo Bariller-Krine

Qu’elles sont fascinantes à observer ces personnes qui ont trouvé leur place ! Leur juste place. Celle qui leur convient, celle qui les fait, celle qu’elles se sont faite. Comme une évidence. Nous, un peu perdus à côté, on tente de retracer leur chemin, on les questionne avec curiosité, on les admire aussi, pour tout ce qu’elles parviennent à transmettre comme pour ce naturel désarmant qui les caractérise. Aude Legeay fait partie de cette catégorie de personnes. Assise à son bureau en train de préparer une séance, dans une cours d’école angevine à animer une sensibilisation, ou dans un gymnase du département gérant l’organisation d’une compétition, elle est donc à sa place. A sa bonne place. Celle d’ « agent de développement » pour le comité départemental handisport du Maine-et-Loire.

Voilà pour le titre officiel, qui inclut en réalité de nombreuses missions transversales pour celle qui a été formée comme éducatrice sportive spécialisée dans le handisport, à l’IFEPSA puis via une Licence APAS (Activités Physiques Adaptées à la Santé). «Au sein du comité, mes objectifs sont divisés en trois axes», explique Aude. «Le développement d’abord, qui englobe beaucoup de terrain, à savoir des sensibilisations dans les établissements scolaires, la formation des éducateurs dans les clubs, l’animation de séances au sein des établissements spécialisés, ou encore l’organisation de compétitions. Le territoire ensuite, qui concerne l’accompagnement administratif des clubs souhaitant créer une section handisport, s’affilier à la fédération ou solliciter des subventions. Et enfin la performance, avec l’objectif de détecter et orienter des jeunes ou adultes à fort potentiel dans certaines disciplines».

« Je suis très attachée au côté humain et social de ce métier »

Autrement dit, la charge de travail ne manque pas pour la native de Niort. Ce travail qui est tout autant un plaisir, un engagement et un épanouissement : «Il ne faut pas trop compter ses heures c’est vrai. Mais la beauté de ce métier, c’est que je ne vis jamais les mêmes semaines. Je suis très attachée également à son côté humain et social, ça me correspond parfaitement». Car accompagner chaque jour sur les terrains de sport des enfants et adultes présentant un handicap – qui peut être moteur, visuel ou auditif – c’est devoir faire preuve en toute circonstances d’écoute – «On doit l’être pour s’adapter constamment à chacun, à ses capacités motrices, à ses limites» -, d’empathie – «Mais pas trop, on ne doit pas s’apitoyer sur leur sort, mais les élever par le sport», et de dynamisme – «C’est aussi un rôle d’animatrice, il faut rester positive, tout en guidant et en rassurant».

Il s’agit aussi et surtout d’être préparée à recevoir des décharges émotionnelles souvent puissantes, parfois bouleversantes : «Il y a des moments où ça explose… Surtout chez les enfants. La joie est telle, la fierté est telle d’avoir réussi quelque chose dont ils ne se croyaient pas capables ! C’est souvent une histoire de peurs à dépasser, même si je rencontre aussi des personnalités plus casse-cous». S’adapter au type de handicap, s’adapter à l’état du moment, s’adapter à la personnalité de chacun… Cette hyper-individualisation génère aussi une indispensable créativité pour penser des séances adaptées et imaginer des pratiques idoines. Tout en s’appuyant sur la gamme des disciplines proposées par la fédération handisport. Celles qui ont le plus la côte dans le 49 ? «Le tir à l’arc, la natation, l’athlétisme et le tennis de table. Pour le Grand Handicap, la boccia (à l’image, ndlr) est très bien représentée. C’est une forme de pétanque pour laquelle on utilise une rampe pour accompagner le sportif ne pouvant pas lancer à la main. Ca plait beaucoup».

Aude elle pratique régulièrement le handball, licenciée au HBC Authion à Beaufort-en-Vallée : «Ca me permet de couper». Fan de sport, elle a par le passé pratiqué le judo, la natation ou le football. L’occasion de nous parler un peu d’un de ses amis, footeux, sportif, victime il y a quelques années d’un accident de la route ayant entraîné un handicap moteur. «Il est devenu hémiplégique. Ca chamboule… J’ai voulu savoir vers quelles disciplines il pouvait aller. Cet événement m’a sensibilisé sur ce qu’on pouvait alors proposer au niveau sportif ». On aurait peut-être dû commencer par là, car ce «déclic» explique certainement son choix futur, celui de faire du développement du handisport son métier, sa vie. «J’aurais peut-être eu ce déclic plus tard. Ce qui est sûr, c’est qu’avec le handisport, ça a tout de suite matché».

>> Retrouvez dans la vidéo ci-dessous un exemple d’initiation au Cécifoot mené par Aude Legeay :

Licenciés handisport, « une vague » après Tokyo
L’été dernier, les Jeux paralympiques ont laissé une trace sur le développement du handisport, localement notamment puisque trois athlètes du département y ont participé : Claire Supiot en natation, Matéo Bohéas médaille d’argent en tennis de table, et Daniel Lelou en tir à l’arc. Ce que confirme Aude Legeay : «Nous avons connu une grosse vague après Tokyo. L’événement en tant que tel, et puis le lien à venir avec Paris 2024. J’ai reçu plusieurs appels de personnes qui ont regardé les Jeux, et qui ont contacté le comité handisport pour savoir si des clubs existaient pour les accueillir. Développer l’accueil dans les clubs fait d’ailleurs aussi partie de mes missions. Tout comme orienter tous les jeunes que j’accompagne chaque semaine dans les établissements spécialisés vers les structures club. Ce pont fonctionne bien, en rassurant le pratiquant et sa famille en termes de sécurité. Par conséquent, nous avons enregistré une belle augmentation du nombre de licenciés cette année.»

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