16 avril 2022

«82» ou le ballon rond de père en fils

#LeSportPartout. Le comédien angevin Richard Fouillet propose du 28 au 30 avril au théâtre du Champ de Bataille une pièce intitulée «82», où se mélangeront souvenirs footballistiques et difficulté de la relation père-fils. Rencontre d’avant-match.

Texte : Valentin Deudon

Il y a les articles d’après, ceux qui racontent un match ou une pièce de théâtre, avec des mots destinés aux absents, tentant de leur faire revivre l’instant. Et puis il y a les articles d’avant, ceux qui les présentent, avec des mots remplis d’espoir, cet espoir que quelques-uns décident après leur lecture de réserver des billets… Un espoir ici partagé, né de la découverte du synopsis de la pièce «82», au programme du théâtre du Champ de Bataille à Angers du jeudi 28 au samedi 30 avril prochains. Car on y apprend entre autres que ce titre, «82», fait référence à l’année de la demi-finale de Coupe du Monde à Séville entre la France et l’Allemagne, un match qui a marqué plusieurs générations, laissant une trace dans la mémoire collective nationale, bien au-delà du jeu football.

« Je fais le parallèle entre ce match et mon histoire personnelle »

Les répétitions elles ont démarré au début de la semaine dernière. Alors, trop impatients pour attendre la première, on s’est dit qu’il fallait partir à la rencontre de celui qui a imaginé et écrit cette pièce, le comédien angevin Richard Fouillet. Ce dernier est aussi celui qui la jouera, seul sur les planches. Un vrai défi pour cet «acteur organique» plutôt habitué aux arts du cirque : «Au-delà de la nécessité de raconter cette histoire, c’est un challenge personnel. C’est nouveau pour moi d’être seul et d’avoir autant de texte», explique celui qui habite à «144 pas» du théâtre du Champ de Bataille et dont le fils, 10 ans, est licencié à La Vaillante. Avec ces derniers mots, les deux thèmes principaux du spectacle sont réunis : la paternité et le football. «Ce France-Allemagne, c’est plus qu’un match, c’est une tragédie», souligne Richard. «Je l’ai vu avec mon père, j’avais 16 ans et demi, l’âge auquel ma vie a basculé, le moment des premiers choix. Dans la pièce, je fais le parallèle entre ce match et mon histoire personnelle, mon histoire avec mon père, mon histoire avec mon fils». Avec en fond cette volonté fragile et sincère de dire que «ce n’est pas facile d’être père». L’accepter, est-ce déjà devenir un meilleur père ? Réponse dans quelques jours mais en tout cas, ce fan du SCO depuis toujours – il y a même joué en Cadets Nationaux -, très ami avec notre speaker favori – l’irremplaçable Gilles Moret -, précise que «82 est destiné à tous les papas et à leurs enfants. On peut la voir à partir de 12 ans».

Un spectacle à la fois sportif et musical

La conversation se poursuit pendant que Richard s’échauffe avant le début de la répétition. Comédien et sportif, même combat, même préparation. Et puis, les 75 minutes passées sur scène seront éprouvantes : «Le corps est au cœur de l’histoire. Parfois les mots ne suffisent pas, donc je danse. C’est pourquoi je me suis associé avec un chorégraphe, Gianni Joseph». Autres compagnons indispensables : Thierry Delhomme, le metteur en scène ; Rémi Checchetto, auteur de théâtre, qui a écrit pour la pièce quelques textes autour de termes du football ; et Denis Marçais, musicien local dont le rock «viscéral» résonnera tout au long des représentations. Car pour Richard Fouillet, la musique est «très importante», dans ce projet comme dans la vie. Presque autant que le ballon, ce ballon et ses sublimes hexagones noirs et blancs que l’on croise au bord de la scène avant de repartir. «Dès que j’en vois un, ça me met tout de suite dans l’émotion !», glisse-t-il en bon passionné. Des émotions que l’on pressent déjà, multiples et bouleversantes, à partir du 28 avril sur scène. Tant mieux, on adore ça, c’est même uniquement pour elles que l’on décide à chaque fois, pour un match comme pour une pièce de théâtre, de réserver des billets.

>> Voir les infos billetterie sur le site du théâtre du Champ de Bataille…

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