1 mai 2022

Les Bleues gagnent leur mondial et le coeur des Angevins

#JourDeMatch. Au terme d’une semaine presque parfaite, marquée par un engouement sans précédent du public et conclue par une victoire sur la Norvège, l’équipe de France féminine de hockey sur glace a remporté « son mondial » de deuxième division sur la glace de l’IceParc. Elles retrouveront l’élite mondiale en 2023. 

Texte Charles Dubré-Beduneau 
Photos: Théo Bariller-Krine 

Samedi soir, alors que la grande majorité des 3 600 spectateurs avait quitté les tribunes et que certaines lumières étaient éteintes, le champagne a coulé à flots sur la glace de l’IceParc. Avec leurs proches, au rythme de Céline Dion, les hockeyeuses françaises ont fêté comme il se devait le deuxième titre mondial de leur histoire et leur remontée en élite. La dernière victoire de la semaine, face aux Norvégiennes (4-1), a parfaitement résumé le mondial des Bleues: sérieux et maîtrisé.

Succès sur la glace…

Dès leur premier match face à la Slovaquie, on a senti toute l’impatience et la détermination des joueuses de Grégory Tarlé d’en découdre après avoir dû attendre deux ans pour jouer ce tournoi. Les cadres, notamment la gardienne Caroline Baldin mais aussi le premier trio de la capitaine Marion Allemoz (deux buts), Chloé Aurard (un but et une passe décisive) et Lore Baudrit (trois passes), ont montré la voie à suivre. Résultat, une victoire nette et logique, 4-0. Deux jours plus tard, rebelote face aux Pays-Bas, nation promue en deuxième division. Les Tricolores enchaînaient un deuxième succès, sans trembler (4-1).

24 heures plus tard, un tout autre défi se présentait aux Bleues avec les surprenantes Autrichiennes, vainqueures de la Norvège (4-3, a.p.) la veille. Malgré l’ouverture du score, bien aidée par une bourde de la gardienne autrichienne, les Françaises étaient pour la première fois du tournoi dominées et se retrouvaient même menées (2-1). Au courage, et grâce à un nouveau but de Chloé Aurard, elles parvenaient à arracher la prolongation, pour le plus grand plaisir des quelques 2 000 spectateurs de l’IceParc. Elles cédaient après seulement quinze secondes en mort subite mais le point pris leur permettait de garder leur destin au bout de leurs crosses.

… mais aussi en tribunes

À l’aube de la dernière journée, trois équipes étaient encore en course pour la première place: la Norvège, la France, et l’Autriche. Mais les Autrichiennes perdaient tout espoir en s’inclinant face à la Slovaquie (2-1). On avait donc droit à la finale tant attendue, dans un IceParc à guichets fermés, établissant ainsi un nouveau record d’affluence pour un match de hockey féminin à ce niveau et pour un match des Bleues en France. Une vraie satisfaction et une belle récompense pour les Ducs d’Angers, organisateur de cet événement international, avec la participation de 105 bénévoles pendant toute la semaine.

Les hockeyeuses françaises laissaient passer l’orage norvégien en début de partie, pour mieux faire mal en contre-attaque: à quatre contre cinq, Chloé Aurard et Estelle Duvin, les deux meilleures pointeuses du tournoi, combinaient pour un but divin de Duvin (1-0). En deuxième période, poussées par le public, elles confirmaient leur mainmise sur le match: l’inarrêtable Aurard, Clara Rozier (servie par Duvin) puis Lara Escudero gonflaient l’avance des leurs. Au coup de sifflet final, casques, gants et crosses volaient: les filles pouvaient savourer ce titre tant attendu et mérité. Et deux Marseillaises plutôt qu’une. Caroline Baldin et Chloé Aurard (huit points en quatre matchs, à égalité avec Estelle Duvin) ont logiquement été désignées meilleure gardienne et meilleure attaquante du tournoi.

Une sortie parfaite pour les huit joueuses qui avaient annoncé qu’elles raccrocheraient définitivement les patins à l’issue de ce mondial et qui ont reçu de magnifiques remerciements et ovations du public et de leurs coéquipières. C’est une équipe de France rajeunie et très renouvelée qui retrouvera l’élite mondiale (Canada, Etats-Unis, Finlande, Suède…) en 2023, quatre ans après l’avoir découvert.

 

Grégory Tarlé, coach de l’équipe de France:
« On est satisfait du résultat et à la fois de la manière. Parfois il y a soit l’un soit l’autre. Être champions du monde avec ce résultat là face à une belle équipe de Norvège c’est forcément satisfaisant. Grâce à notre expérience, on a marqué des buts aux bons moments. C’est un peu l’histoire de ce mondial. On a eu des moments où on était poussifs mais l’équipe a su réagir quand il le fallait. C’est aussi le fruit du vivre ensemble de ces quatre dernières années et l’intégration de jeunes talents. On a fait des choix forts cette saison pour s’améliorer et ils ont payé. On a fait notre meilleur match sur ce match décisif avec un alignement qui a très bien marché. Toutes les joueuses ont répondu présent, dans leur rôle et dans la mission qu’on leur avait confiés. Je pense que c’est pour ça qu’on a gagné le match. Le public nous a suivis au travers de nos momentums dans le match. C’était très agréable à vivre, surtout je pense pour les joueuses sur la glace. Est-ce que celles qui ont décidé d’arrêter reviendront sur leur décision ? C’est leur choix. Aujourd’hui elles ont décidé d’arrêter, c’est une fête formidable, je ne peux pas parler à leur place. On en reparlera dans quelques mois. Ce qui est sûr c’est que les portes de l’équipe de France ne seront jamais fermées pour des athlètes de classe mondiale comme elles. »

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