30 mai 2022

Tour de Brissac, une 5e édition pour les costauds

#JourDeMatch. Le haut niveau amateur du cyclisme régional avait rendez-vous ce dimanche pour la 5e édition du Tour de Brissac Loire Aubance, une épreuve bosselée de 130 kilomètres qu’organisait le club d’Angers Métropole Cyclisme 49. Compte rendu à même la route !

Texte : Valentin Deudon
Photos : jsc.communication49 by rlab studio

Tenter d’établir une hiérarchie entre les sports n’a évidemment aucun sens. Entre les beautés qu’ils donnent à voir non plus. Mais puisque le souvenir de ce fabuleux cortège est le plus frais, autant poser la question : quoi de plus sublime qu’un peloton de cyclistes, tous roulant à vive allure sur le bitume d’une route de campagne, avec au-dessus d’eux un ciel resplendissant ?
Un peloton composé au départ d’une centaine de visages casqués, un numéro de dossard collé au dos, et un espoir fou au creux du ventre, celui de magnifier son dimanche en levant les bras sur la ligne d’arrivée quelques kilomètres plus tard…
En voyant passer le convoi encore bien en bloc, on ne pouvait pas s’empêcher de jalouser les couleurs bariolées des équipements qui leur collent à la peau ; on était persuadé que le soir-même c’est avec le bruit tonitruant de tous ces dérailleurs que l’on s’endormirait profondément ; et puis on se demandait aussi pour quelle amoureuse, pour quel papa fou de vélo, ou pour quelle autre raison intime ils accomplissent tous ces efforts.

« Une course de guerriers, une course pour les grosses cuisses »

Mais attention, il faut profiter de ce bonheur car comme tous les autres il ne dure pas. Très vite en effet, la troupe se dérobe sous nos yeux. Le vent fort qui soufflait depuis le matin, une chute inaugurale neutralisant la course durant quelques minutes, un chemin empierré qui fit voler la poussière, les montées courtes mais violentes à gravir, les quelques attaques des plus impatients ; tout cela eut pour effet de répartir les coureurs en de petits groupes d’échappées ou de contres ou de lâchés. Bref, des pédaleurs éparpillés, une course débridée, «une course de guerriers, pour les grosses cuisses» même, pouvait-on entendre au bord des routes, un vrai «chantier» comme l’avaient également annoncé les initiés à la buvette avant que les idoles du jour ne s’élancent.

artAu centre, Elouan Baron, d’Angers Métropole Cyclisme 49, dans le chemin empierré des Alleuds.

Et cette 5e édition du Tour de Brissac Loire Aubance en proposa un beau, un vrai de chantier, durant les 130 kilomètres d’un parcours qui visita une dizaine de communes alentour. Après le départ et avant l’arrivée à Saulgé-l’Hôpital, on passait dans le désordre par Luigné, Les Alleuds, Brissac, Saint-Rémy, Coutures, Chemellier, Charcé, Vauchrétien ou Saint-Saturnin et son célèbre Mont Rude où une grosse sélection se fit après 70 kilomètres de course.

L’attaque fatale d’Adrien Bramoullé à 600 mètres de la ligne

Célestin Guillon (Laval Cyclisme 53), Baptiste Constantin (C’Chartres Cyclisme) et Quentin Drevet (Orléans Loiret Cyclisme) étaient alors déjà devant, mais ils furent bientôt rejoints par un groupe qui profita de la bosse pour accélérer, un groupe de costauds où figuraient notamment deux coéquipiers d’une des équipes fortes, l’UC Cholet, avec Noé Cramette et Adrien Bramoullé. Le premier échelon comprenait dès lors neuf éléments qui prenaient vite une minute d’avance. On sentait alors poindre le bon coup, le coup qui irait au bout pour la gagne, et ce malgré un groupe de contre composé entre autres d’Elouan Baron (lire sa réaction ci-après), pensionnaire d’Angers Métropole Cyclisme 49, en bonne forme après un succès en solitaire jeudi dernier à Rezé.

Le final s’annonçait palpitant entre les hommes de tête, les plus forts, les survivants d’un parcours exigeant, qui n’étaient d’ailleurs plus que sept à l’entrée du circuit terminal. Les 21 derniers kilomètres de course ? Quatre boucles de 5,2 kilomètres au cœur de Saulgé-l’Hôpital. Là, les attaques fusèrent, chacun leur tour les prétendants tentèrent de s’évader pour fuir la possibilité d’un sprint final. Et c’est finalement le patient Adrien Bramoullé (lire sa réaction ci-dessous), 22 ans, qui plaça la bonne attaque au bon moment, à 600 mètres d’une ligne d’arrivée un peu en bosse. L’écart était fait et le vainqueur du jour, sacré par la même occasion champion 2022 du Maine-et-Loire, avait tout le temps de savourer en levant bien haut les bras et en montrant la devanture de son maillot rouge et noir aux couleurs du club choletais. Finalement, un homme seul et heureux qui gagne à la fin, c’est presque aussi beau qu’un peloton qui espère ensemble au début.

 >> Voir le classement final du Tour de Brissac Loire Aubance 2022…

(Un grand merci à Guillaume Gendry, président d’Angers Métropole Cyclisme 49, club organisateur de l’épreuve, et à son équipe pour leur accueil qui nous a permis de vivre la course de l’intérieur et de tenter de vous en livrer ce récit. Remerciements particuliers à Jérôme pour ce beau dimanche après-midi sur les routes.)

Adrien Bramoullé : « J’ai osé et ça a payé »
Quelques secondes après avoir levé les bras, il tourne encore un peu sur son vélo, reste seul dans ses pensées, semble ailleurs. La joie, la grande, la vraie, celle que l’on peut partager, n’explosera qu’un peu plus tard lorsque ses coéquipiers franchiront à leur tour la ligne et viendront le féliciter un à un. Après les étreintes – indispensables -, Adrien Bramoullé prendra le temps de raconter sa course : «Il y avait du costaud aujourd’hui. C’est d’abord sorti vers le 40e kilomètre. Nous, on est revenus en contre à partir du Mont Rude. Et puis le reste s’est fait dans l’échappée où mon coéquipier Noé a fait un gros boulot. A la fin dans le circuit, c’était attaque sur attaque, chacun a mis la sienne. Moi je suis sorti à 600 m et ça s’est regardé derrière. J’ai osé et ça a payé». Un peu plus tard, le vélo déjà rangé dans le fourgon, on retrouvait sur le parking la déception d’Elouan Baron, 21e et premier classé d’AMC 49 : «Ca n’a pas arrêté d’attaquer toute la journée. C’était une course assez ouverte et il fallait essayer d’en profiter. J’ai essayé d’y aller plusieurs fois, sans réussir à prendre le bon groupe devant… J’étais dans le contre mais c’était trop tard, on a buté et l’écart était fait».

Petit format Article
 

articles

recommandés

Michael Nana, un danseur-footballeur à Angers

Josselin Clair : « Photographe de sport, une profession à part »

Des nouvelles de nos lauréats 2021 !