1 juin 2022

Le plumfoot ou la beauté du geste

#Découverte. En septembre dernier, l’AS Ponts-de-Cé Badminton se lance le défi d’importer le sport national vietnamien à Angers : le plumfoot. Alors, il y a quelques jours, La Dalle Angevine est partie à la découverte de cette discipline atypique… Reportage.

Texte : Hugo Guérin 
Photos : Théo Bariller-Krine

Du football, du badminton, du volley et même du kung-fu… le mélange semble osé et l’alliance suscite la curiosité. Avec un filet d’une hauteur d’un mètre soixante, la discipline allie une gestuelle propre au foot et une précision comme au badminton. En solo ou en équipe, l’objectif est d’envoyer la plume par-dessus le filet avec toutes les parties du corps, à l’exception des mains et des bras. Que ce soit en freestyle ou en compétition, le plumfoot a cette faculté de donner envie de le tester et de venir taper dans ce volant à plumes, différent du badminton et composé d’une base plate en caoutchouc.

Deux visages à l’origine du plumfoot angevin

Venu d’Asie, le plumfoot se joue encore de manière confidentielle en Europe. Pourtant, le voici arrivé jusqu’à Angers. De son importation en Anjou, il y a l’histoire d’une rencontre. «Les étoiles se sont alignées», confirme Audrey Legrand, présidente de l’ASPC badminton. À l’époque vice-présidente de la fédération française de badminton, elle croise la route de François Grignard, ex-président de la fédération française de plumfoot.

Fruit du hasard, l’histoire devient ensuite des retrouvailles, puisque François débarque dans la région, à Mûrs-Érigné. D’ancien joueur international à président de club, en passant par sélectionneur de l’équipe de France, François est l’homme à tout faire du plumfoot français. Dans leur tête, germe la volonté commune de faire cohabiter ces disciplines et de les intégrer au club. «Quand on le voit, c’est logique», rajoute Audrey. La famille s’agrandit, et l’AS Ponts-de-Cé ouvre sa section plumfoot en septembre dernier.

Une fois le projet lancé, François devient encadrant et référent plumfoot au club. Lui, à la carrière bien remplie, vient offrir son savoir en Anjou. Autodidacte, il a découvert la discipline par lui-même. Depuis 2003, la passion ne l’a jamais quitté. Parti disputer une Coupe du monde au Vietnam, le pays du plumfoot, il revient en France avec l’envie sportive de partager. Aujourd’hui, six clubs sont actifs en France, dont l’AS Ponts-de-Cé. Malgré tout, d’innombrables communautés de joueurs se développent en France : «Le plumfoot au Vietnam, c’est comme la pétanque en France : beaucoup y jouent, mais sans club !», insiste François.

Un moment de partage et d’abnégation

«Avenir, solidarité, passion, convivialité» : l’ambition de la devise de l’AS Ponts-de-Cé est respectée sur le terrain. Au programme de la séance d’entraînement, quatre joueurs forment un alliage entre les plus expérimentés et d’autres encore dans la découverte de la discipline. «Il faut passer ces deux mois d’adaptation et de frustration», confie Manu, adepte depuis septembre et désormais plus à l’aise avec la plume. De cette première saison, un groupe est né. Un effet de mode ? Ça n’en a pas l’air, en atteste les nouveaux curieux qui souhaitent s’y mesurer.

Dans la salle Athlétis, les badistes sont impressionnés et n’hésitent pas à faire salle partagée. Après un temps indispensable d’étirements, l’échauffement commence en douceur, avant de faire monter le cardio sous forme de jeux. Plumes en main, les joueurs n’ont plus qu’à s’équiper de chaussures particulières, mais diablement efficaces. Importées directement de Chine, ces «chaussures canard» ont la faculté d’avoir une sorte de raquette au bout de la semelle pour smasher. Mais avant de penser à attaquer, il faut «maîtriser le geste le plus compliqué : la réception». Pour l’avoir testé, La Dalle Angevine confirme.

À la tête d’un groupe encore débutant, François axe ses entraînements sur la technique, puisqu’il est «primordial de s’approprier le geste». Néanmoins, la séance se termine par un match, mêlant envie de gagner et bonne humeur. Après le protocole du «salut de rigueur», place au jeu. Autour de vraies constructions de phases de défense et d’attaque, l’explosivité est le maître-mot de ce spectacle que le plumfoot offre. Souplesse et endurance sont de rigueur, mais le mouvement de ce volant qui se balade dans l’air et le sourire des joueurs rendent le moment ludique et sans prise de tête.

« Je ne me donne aucune limite pour le futur »

Sans vraiment faire de communication, l’ASPC s’impose dans le paysage angevin. Même identité, même club, même maillot : «nous ne voulons faire aucune distinction» entre les deux sections. L’AS Ponts-de-Cé est un club qui ose. Le futur ? Il semble radieux. L’organisation récente d’un tournoi Interclubs a fait parler et a permis de faire connaître la discipline au grand public. Dès septembre prochain, le club ambitionne de «se constituer un groupe d’une quinzaine de joueurs réguliers», et la présidente souhaite l’ouverture d’une section jeune, avec une volonté claire de séduire ce public cible.

Mais l’ASPC ne s’arrête pas là. Le club aimerait dorénavant s’axer prioritairement sur un développement événementiel. Ce sport est spectaculaire, alors il faut organiser des événements pour marquer les esprits. L’ambition est claire : le club a la volonté d’organiser une compétition internationale. «On peut l’organiser dans notre salle, alors pourquoi pas ?», confirme Audrey. «Il est difficile d’avoir des salles à Paris. Donner une visibilité ici, à Angers, par la compétition, serait une vraie offre compétitive pour les autres clubs».

Passés «les réflexes du footeux», il faut oser taper dans la plume. «Un geste ample, mais en douceur» : voilà la clé pour réussir au plumfoot. Être à la fois précis, et propre dans le geste. De la joie, des sourires, et une folle envie de jouer : voilà les clés du succès de l’ASPC.

À partir de la rentrée prochaine, la section Plumfoot de l’AS Ponts-de-Cé proposera deux sessions par semaine, à la salle Athlétis : le mardi, de 18h à 20h pour les jeunes de 13 à 17 ans, et de 20h à 22h pour les adultes de 18 ans et plus.

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