13 juin 2022

Josselin Clair : « Photographe de sport, une profession à part »

#LeSportPartout. Il est l’un des concepteurs du festival «1000ème de Secondes», organisé cet été à Saint-Mathurin-sur-Loire et destiné à valoriser la photographie sportive. Lui-même photographe de presse pour Le Courrier de l’Ouest, Josselin Clair nous parle de cet art délicat de la photo de sport.

Propos recueillis par Valentin Deudon et Hugo Guérin
Photos : 1000èmedeseconde

« 1000ème de Secondes » a démarré début juin à Saint-Mathurin-sur-Loire, où l’on peut voir une exposition à ciel ouvert de photographies de sport réalisées par des spécialistes de l’exercice. Quel était l’objectif initial de cet événement ?
Les photos de sport sont peut-être les plus regardées dans les journaux. Et puis l’image, c’est ce qui accroche d’abord le regard du lecteur, avant qu’il ne décide de lire l’article, ou pas… Pourtant, la photo de sport et ceux qui la font ne sont pas mis en avant. C’est une profession à part, peu reconnue. A travers ce festival dont l’idée revient à Eddy Lemaistre (à l’image, ndlr), nous souhaitions montrer au grand public que derrière les images, il existe des personnalités qui travaillent et se démènent pour chercher la belle photo et faire rêver les lecteurs.

Dix grands photographes de sport sont exposés, certains seront également présents pour des rencontres. Qu’ont-ils de spécial en eux pour exercer ce métier ?
Ils possèdent chacun un regard singulier, une sensibilité. Ils ont leur patte, leur technique aussi. On aimerait à travers eux montrer toute la portée artistique d’une image de sport. Certains viendront en effet nous parler de leur façon de travailler, le 22 juin par exemple avec Solène Bailly qui exerce dans le milieu équestre.

A la une du site du festival, on peut voir une photo incroyable prise pendant le dernier Vendée Globe. Quelle est son histoire ?
Elle a été réalisée par Loic Venance, de l’AFP. D’autres photographes étaient présents ce jour-là, dans un bateau suiveur qui leur était dédié, une navette assez imposante et relativement confortable. Loic lui a choisi d’aller sur un petit bateau… Ca remuait beaucoup plus, mais il était plus maniable et il a pu s’approcher un peu, d’où la spécificité de la photo, sa différence. Au final, c’est souvent une question de choix de placement.

Comme sur les terrains pour le sportif, il faut être bien placé, sentir le coup…
Effectivement. Ce sont des feelings, des anticipations qui sont parfois payantes, parfois pas. Ceci dit, dans certaines disciplines très professionnalisées, la liberté et le champ d’action du photographe se sont restreints, et il devient plus compliqué de se démarquer. Je dirais que c’est aussi dans certains cas un travail d’équipe, comme dans le vélo où l’expérience du pilote de la moto participe beaucoup à la qualité finale des images.

On a parfois l’impression de deux dimensions possibles à l’intérieur de ce métier : à la fois l’obligation de produire la photo nécessaire pour illustrer au mieux l’événement dans son média, et puis la possibilité de réaliser la photo plus singulière, artistique, qui ne sert pas forcément à illustrer, mais juste à donner à voir du beau.
Les deux sont possibles et compatibles. Mais effectivement, il y a d’un côté l’adrénaline journalistique de devoir envoyer rapidement la bonne photo qui illustre une performance, un événement. Et puis une fois que la demande du journal est «sécurisée», le photographe peut imaginer la photo en plus, faire des tentatives plus originales. Et parfois c’est celle-là qui sera retenue…

A titre personnel, comment est née l’envie de photographier le sport, d’en faire un métier ?
De ma passion pour le sport et surtout pour le vélo que j’ai commencé à photographier jeune dans mon club. Mais mon métier aujourd’hui n’est pas photographe de sport, car je fais de tout : de l’actu, de la politique, et aussi parfois du sport. En arrivant au Courrier de l’Ouest comme pigiste, on m’a dit ceci : «Quand tu sais faire de la photo de sport, tu sais tout faire». Parce qu’il faut savoir bosser vite, et dans des conditions pas toujours idéales en termes de météo ou de lumière.

Tu es souvent sur les matchs du SCO au stade Kopa. Raconte-nous ton travail dans ces moments-là.
Ce sont des moments prenants, passionnants. J’arrive généralement deux heures avant le coup de sifflet final et je rentre chez moi deux heures après. Au SCO, je suis certes au plus près du terrain mais je ne vois que très peu le jeu dans sa globalité finalement. En revanche il faut être à fond pendant 90 minutes, très attentif, ne rien rater, ni l’action de but, ni l’entraîneur qui invective ses joueurs, ni le kop qui déploie une banderole… Il ne faut pas juste suivre le ballon, mais tout ce qui se passe dans l’espace du stade.

Quels autres sports aimes-tu photographier ?
Chaque sport est intéressant à découvrir. Ca change des habitudes, ouvre des perspectives et permet de progresser en variant les prises de vue. Mais en plus du vélo, j’adore l’athlétisme, à l’occasion des championnats de France que l’on a pu vivre à Angers notamment. Entre le lancer de poids, le saut en hauteur, le 100 mètres et autres, ce sont à chaque fois des placements différents,  des techniques différentes. Cette variété est très intéressante, propice à réussir des photos singulières.

 >> Retrouvez toutes les infos sur le festival et sa programmation sur le site officiel…

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