13 septembre 2022

Tristan Venot, un cascadeur au SCO Escrime

#LeSportPartout. Enseignant en escrime artistique au sein du club angevin, Tristan Venot est aussi cascadeur de métier. Il joue notamment dans des spectacles de cape et d’épée au Puy du Fou et vient de tourner au cinéma dans une adaptation des Trois Mousquetaires. Rencontre.

Texte : Valentin Deudon
Photos : Franck Potvin

Cascadeur ! C’est un peu comme astronaute pour aller sur la lune ou capitaine d’un grand bateau pirate… On en rêvait dans notre chambre d’enfant. Un semblant de déguisement faisait l’affaire, quelques accessoires suffisaient pour s’y voir déjà, pour s’en faire la promesse: «Quand je serai grand, je serai cascadeur avec une épée entre les mains !». C’est peut-être ce que s’est répété Tristan Venot dès son plus jeune âge ? «Depuis tout petit, j’ai cette attirance pour les épées, les chevaliers, l’univers médiéval, le jeu et les spectacles aussi», confirme le jeune homme de 25 ans qui a débuté l’escrime dans sa région d’origine, en Bretagne, à Châteaugiron.
«Dès 6 ans, j’ai voulu m’inscrire en club, mais je n’ai pas pu à cause du poids des armes. En attendant, j’ai fait du badminton, du tir à l’arc, du théâtre aussi». Il patiente jusqu’à ses douze bougies, puis découvre deux ans plus tard l’escrime artistique, un sport à la convergence de toutes les dimensions qui le passionnent: «L’objectif de l’escrime artistique est de produire à plusieurs un spectacle de combats crédible, une chorégraphie où le spectateur y croit, avec une histoire, de la musique, des costumes… Dans un cadre sécurisé, en maitrisant les gestes. La coopération et la communication avec les autres y sont primordiales».

«J’étais fan des spectacles du Puy du Fou, alors il y a quatre ans j’ai passé les auditions, pour tenter»

Adolescent, Tristan apprend et s’enrichit auprès d’Yves Mignard, son expérimenté maître d’armes ; il participe le plus possible dans des lieux historiques à ces fêtes médiévales qu’il adore ; puis se tourne assez tôt vers l’enseignement de sa discipline. Jusqu’à envisager d’en faire un métier: «J’ai terminé au Mans un BTS gestion forestière, mais j’avais quand même envie que l’escrime, la cascade, la comédie deviennent mon quotidien. J’étais fan des spectacles du Puy du Fou, alors il y a quatre ans j’ai passé les auditions, pour tenter».
Doué pour le jeu, à l’aise dans l’art de la chute, expert dans le maniement de la rapière (une sorte d’épée ancienne), il est engagé et débute sa carrière au sein du parc vendéen: «J’ai plusieurs rôles, sur scène (Cyrano, présentateur, spadassin) et en coulisses, dans le spectacle « Les Mousquetaires de Richelieu ». Etant gaucher, j’ai dû tout réapprendre de la main droite pour les besoins de la chorégraphie». Une adaptation motrice qui va de paire avec une vraie exigence d’athlète de haut niveau: «Tout l’été, c’est un rythme de cinq représentations de 32 minutes par jour. Il faut bien récupérer durant ces périodes denses, faire attention à son corps, à son hygiène de vie, aux blessures. Le reste de l’année, quand le rythme ralentit, j’effectue une préparation régulière avec des séances d’escrime, de musculation, de renforcement, de proprioception».

Cet hiver, le natif de Rennes quittera le Puy du Fou pour un autre parc, « Legendia », à Frossay, à l’Ouest de Nantes: «J’ai envie de découvrir autre chose, d’aller vers la comédie. A Legendia, l’escrime est plus mise au service du jeu. Et je pourrai aussi à moyen terme participer à la conception des spectacles, ce qui m’intéresserait à l’avenir». Preuve aussi d’une direction nouvelle, celui qui vit aux Herbiers vient de tourner dans le film Les Trois Mousquetaires de Martin Bourboulon qui sortira en 2023: «Nous avons passé les auditions à Paris avec des amis. Ca a marché et nous sommes restés cinq jours sur le tournage pour une grande scène de combat. C’était très excitant, il y a peu de prises et il faut réussir de suite les bons mouvements. C’était ma première fois au cinéma et j’ai très envie de revivre l’expérience».
Une vraie opportunité pour son avenir en tant que cascadeur: «La cascade regroupe beaucoup de catégories distinctes. Les chutes de hauteur, ce n’est pas mon truc. Moi je suis spécialisé dans le combat, principalement avec épée, mais j’envisage de me former cette année pour acquérir plus de compétences». Lesquelles par exemple ? «De l’acrobatie pour pouvoir élargir la gamme de combats auxquels postuler, avec des saltos, des vrilles, des choses plus aériennes. Les combats au katana m’attirent également, l’univers des ninjas, les arts martiaux asiatiques».

Chaque vendredi soir à Angers pour la séance d’escrime artistique du SCO

Intermittent du spectacle, Tristan Venot souhaite continuer à multiplier les expériences nouvelles pour relier ses passions, et veut surtout «apprendre encore, le plus possible» au contact des autres. Entre deux spectacles ou tournages, vous serez certain de le trouver chaque vendredi soir sur le vieux parquet du gymnase de l’école Gérard Philippe, rue du Général Lizé à Angers. C’est là qu’il anime en tant qu’enseignant la section escrime artistique du SCO Escrime: «J’ai mon diplôme d’éducateur fédéral et je compte continuer à me former dans cette voie qui me plait. Ca m’offre une crédibilité dans mon activité de cascadeur-escrimeur, et c’est aussi une garantie pour mon avenir professionnel, car je ne pourrai peut-être pas faire de la cascade toute ma vie».
Avec ses quelques licenciés, le coach travaille entre autres à améliorer la vitesse d’exécution de la chorégraphie préparée, pour que l’effet soit encore plus réel et spectaculaire devant un public. Car l’objectif sera de présenter ce travail collectif lors de différents temps forts ou compétitions. Comme en février prochain lors des championnats de France, précédés des régionaux en novembre. Ou comme ce fut le cas la saison dernière à l’Angers Geekfest ou à la mi-temps d’un match des basketteuses de l’UFAB. En juillet, Tristan Venot et les artistes escrimeurs du SCO, qui se regroupent sous le nom de troupe « Les épées du Roi René », faisaient aussi leur retour à Richelieu pour son festival de cape et d’épée. Une de leur prestation dans la cité d’Indre-et-Loire est à découvrir ci-dessous en vidéo :

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