26 septembre 2017

Amandine Brossier, à toute vitesse

#MadeInAngers. Trois ans seulement après avoir démarré l’athlétisme, Amandine Brossier, 22 ans, vient de faire ses grands débuts en équipe de France ! Sa sélection récompense une saison exceptionnelle, avec des chronos pulvérisés sur 100 et 200 mètres, et une première médaille internationale chez les jeunes. Pourtant, la jeune licenciée d’Angers Athlé, native de Cholet, ne semble pas encore avoir atteint son potentiel maximum.

Texte et photos Ludovic Aurégan

Amandine Brossier va vite. Très vite. Il ne lui faut que 11’’66 pour courir 100m et 23’’37 pour en terminer 200. Ces chronos, établis cet été, en font respectivement la 16ème et 4ème femme la plus rapide de l’année en France. Grâce à son temps sur le demi-tour de piste, la licenciée d’Angers Athlé est même entrée dans le top 50 des meilleures performances jamais réalisées par des athlètes de l’Hexagone. Si ces résultats sont déjà excellents, la native de Cholet n’est encore qu’en phase d’apprentissage et ne semble pas avoir atteint son plein potentiel. Elle reconnaît volontiers avoir encore « des lacunes », en citant notamment l’exemple de son départ où sa position au moment de pousser sur ses appuis pour prendre de la vitesse n’est pas encore optimale. Une donnée qui freine momentanément sa progression sur 100m.

Des débuts tardifs et une progression éclair

À sa décharge, Amandine Brossier n’a démarré l’athlétisme qu’il n’y a 3 ans ! Mais en une saison, elle a abaissé son record de 8 dixièmes de seconde. Une performance remarquable à ce niveau, où la plupart des concurrents doivent travailler pendant des mois, voire des années, pour gagner ne serait-ce qu’un dixième. Derrière cette prouesse se cache bien évidemment du travail. « Pour le moment, je progresse facilement, ce qui me permet de prendre beaucoup de plaisir à venir m’entraîner. Et comme je ne suis pas là pour terminer 2ème ou 3ème, je suis motivée », explique celle qui est aussi étudiante en psychologie à Angers. Une progression « facile » liée à ses débuts tardifs. Car à l’âge où Amandine chaussait pour la première fois les pointes, Pierre-Ambroise Bosse avait déjà été champion d’Europe juniors, Kevin Mayer s’était imposé au niveau mondial, tandis que Mélina Robert-Michon y avait obtenu une médaille d’argent. A 20 ans, la carrière de quasiment tous les membres de l’équipe de France était déjà bien lancée.

art1L’Angevine, qui habitait encore à cet âge-là à Cholet, jouait elle au basket avec ses copines en Régionale 2. Et sa vitesse de course faisait déjà la différence… Elle lui permit surtout de décrocher une place de vice-championne de France Ugsel (sport scolaire) sur 100m, en terminale. Le chrono de 12’’83 était très loin de ses temps actuels, mais il suffit alors pour lui donner l’envie de voir ce dont elle pourrait être capable de faire en se dédiant à la pratique de l’athlétisme. Elle reçoit ses premiers conseils de Jean-Michel Maraud, une collaboration qui débouche sur un podium aux championnats de France espoirs en salle en 2016. Quelques mois plus tard, elle décide de changer et de collaborer avec un ancien membre de l’équipe de France de BMX : Sullivan Breton.

Un duo de novice avec son entraîneur Sullivan Breton

Un pari risqué. Préparateur physique au civil, il connaît avec Amandine Brossier sa première expérience dans le monde de l’athlétisme. « Il a vu en moi un potentiel que les autres ne voyaient pas forcément. Il a remarqué qu’il y avait encore énormément de choses à travailler, des choses que je trouvais intéressantes ». Ce que confirme le principal intéressé : « Avec mon œil novice, j’ai trouvé des choses que ceux qui sont dans l’athlé depuis 10, 15 ans n’ont pas forcément vu ». Par exemple, le duo a davantage cherché à travailler la force – notamment via la musculation – que l’endurance, afin de combler ses lacunes sur les départs. Pour compenser, certaines séances ont été rallongées pour malgré tout développer des capacités de foncier. L’intensité à l’entraînement a également augmenté, ce qui était « une prise de risques » dixit le coach, puisque cela augmentait les risques de blessure.

Le pari est gagnant : Amandine Brossier a pulvérisé ses chronos. Surtout, elle a connu ses premières sélections en équipe de France. La première a eu lieu aux championnats d’Europe Espoirs, à Bydgoszcz en Pologne. Elle s’y fait éliminer en demi-finale en individuel sur 200m, avant de goûter aux joies du podium international en concluant à la deuxième place le relais 4x100m tricolore. Comme avec Amandine Brossier tout va très vite, elle enchaîne avec une sélection chez les grands, au DécaNation, deux mois plus tard chez elle à Angers. « Pour le moment, tout se passe très bien puisque je bats mon record chaque année. Mais maintenant, il faudra aller les chercher ces 23’’37 sur 200m. Ça va finir par se compliquer à un moment donné ». Alors il faudra continuer à aller vite. Comme toujours.

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