20 juin 2019

« Le Norseman, j’en rêve depuis sept ans »

#MadeInAngers. À 34 ans, Ludovic Lévêque a été sélectionné pour participer au mythique Norseman, le triathlon le plus éprouvant au monde, le 3 août prochain en Norvège. Il sera le premier Angevin à y participer. Un défi énorme lors duquel il devra une nouvelle fois repousser ses limites. 

Propos recueillis par Charles DUBRÉ-BEDUNEAU

Pourquoi et comment avez-vous commencé le triathlon ?

Tout petit je regardais le triathlon de Villevêque qui passait devant chez moi, ça me fascinait. Je disais à mes parents « Un jour, je le ferai ». Je viens d’une famille de cyclistes, j’ai toujours aimé faire du vélo. Dès que j’ai pu, j’ai fait les petits triathlons pour les jeunes et puis j’ai passé les différentes catégories. J’ai fait mon premier Ironman en 2011 et mon premier extrême en 2014 en Écosse (le Celtman).

« Le départ est donné à 5h du matin, au milieu des fjords, et il faut sauter depuis un ferry dans une eau entre 14 et 16°C… Rien que d’en parler j’en ai des frissons »

Que représente le Norseman (3,8 km de natation, 180 km de vélo, 42 km de course à pied) pour vous ? 

C’est une course mythique, une des plus difficiles au monde. Le départ est donné à 5h du matin, au milieu des fjords, il faut sauter depuis un ferry dans une eau entre 14 et 16°C… Rien que d’en parler j’en ai des frissons. Avoir le privilège d’être au départ c’est déjà un rêve qui se réalise. J’attends ce moment depuis sept ans (les 250 triathlètes sont sélectionnés via un tirage au sort NDLR). C’est un peu l’aboutissement d’une carrière pour un triathlète. Je compte les jours. Il y a un mélange d’excitation bien sûr mais aussi d’appréhension. Je pars un peu dans l’inconnu, notamment pour les transitions entre les épreuves.

« L’entourage est aussi très important dans ce type d’épreuve. Seul, on a très peu de chance d’y arriver »

En quoi cette course est-elle différente d’un Ironman ?

L’état d’esprit est totalement différent. C’est un peu comme si on comparait les marathons dans les grandes métropoles mondiales (New-York, Paris, Londres, Berlin) et les ultra-trails. On est plus dans le dépassement de soi et aller au bout de l’épreuve que dans la performance pure. On est beaucoup moins encadrés que dans un Ironman: il n’y a pas de ravitaillement, on a juste un roadbook en anglais. Mais il y a plus de partage car on est accompagné par une équipe de soutien tout au long de la course et on a le droit de parcourir les derniers kilomètres avec la personne de notre choix. Mes parents seront dans mon équipe d’assistance et ma compagne, qui est aussi triathlète, m’accompagnera pour la fin de la course. La récompense est aussi différente: il n’y a pas d’argent à gagner, juste le t-shirt noir de Black Finisher, réservé aux 160 premiers qui arrivent en haut du mont Gaustatoppen dans un temps imparti.

Quel est votre objectif ? 

J’aimerais évidemment revenir avec le t-shirt de Black Finisher, idéalement dans le top 100! En tout cas, je m’en donne les moyens.

Justement, comment vous préparez-vous pour une telle course ? 

C’est beaucoup d’investissement et de sacrifices, notamment familiaux. Je dois jongler avec mon emploi du temps de douanier à Caen, mais j’arrive à m’entraîner tous les jours, et jusqu’à 20h par semaine. Le but est de monter en puissance progressivement pour atteindre le pic de forme au bon moment, sans non en plus en faire trop avant le jour J pour éviter les blessures. J’ai un coach à distance depuis trois ans qui m’envoie tous les dimanches mon programme de la semaine en fonction de mes objectifs (il vient de participer à l’Ironman des Sables d’Olonne NDLR). Cet hiver je prenais des bains très froids en combinaison et j’allais nager à l’étang des Sablières pour m’habituer aux températures qui m’attendent dans le fjord norvégien. Depuis mars, j’ai aussi un coach spécifique pour la nutrition. C’est un élément essentiel pour les triathlons extrêmes. En 2015, j’avais été obligé d’abandonner lors du Swissman car je n’avais pas assez bien géré mon alimentation. J’ai aussi la chance de faire partie d’une équipe (Lemon Grass Triathlon Team). J’en profite pour remercier mes sponsors angevins, Anjou Bike, Tri Running Passion et Cook n’ Run pour leur soutien.

« 70% de l’effort repose sur le mental »

Qu’est-ce qui fera la différence le jour de la course ?

70% de l’effort repose sur le mental. L’aspect psychologique est énorme. On peut être au top physiquement mais si mentalement on n’est pas bien préparé, on risque de craquer. Les conditions météo joueront aussi un rôle important: entre le froid, le vent, la pluie… Mais je vais donner mon maximum et essayer de prendre du plaisir. J’ai la devise « Never give up » (n’abandonne jamais) tatouée sur l’avant bras droit. Je me suis forgé cet état d’esprit lors de ma formation dans les commandos de la marine. L’entourage est aussi très important dans ce type d’épreuve. Seul, on a très peu de chance d’y arriver. J’ai hâte de partager cette aventure avec ma compagne et mes parents.

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