16 janvier 2017

Stéphane Martinez, la dalle d’entreprendre

#SportEntreprendre. À 53 ans, le co-gérant de Marty Sports et vice-président des Ducs d’Angers est un personnage incontournable de l’économie et du sport angevin. Quoi qu’il entreprenne, Stéphane Martinez le fait à fond, et toujours avec le même but : défendre une image positive de l’entreprise et du sport angevin. Portrait d’un entrepreneur passionné et engagé localement, qui a toujours la Dalle.

Par Charles Dubré-Beduneau (@CharlesDubre sur Twitter)

Stéphane Martinez est sur tous les fronts. Ou plutôt sur tous les terrains. Entre des déplacements au Qatar, à Moscou ou encore à Los Angeles, il ne rate pas un match des Ducs au Haras ou des filles de l’UFAB à Jean Bouin, ses deux clubs de cœur. « Je retrouve dans ces deux clubs le même esprit de convivialité et de simplicité, porté par des sportifs accessibles qui sont complètement intégrés à la vie locale et qui défendent très bien les couleurs de la ville », explique avec un enthousiasme communicatif le co-gérant de Marty Sports, dont le bureau à Saint-Clément-de-la-Place ressemble davantage à un musée pour passionné de sports qu’à celui d’un chef d’entreprise.

L’école de l’athlétisme

Stéphane et son frère jumeau Laurent, inséparables, puisent leur belle réussite professionnelle (voir chiffres plus bas) dans un esprit conquérant, acquis dans les stades d’athlétisme pendant leur jeunesse. Avec leurs parents, et notamment leur père, Raymond, professeur d’EPS dans la région de Saint-Etienne et cadre technique à la fédération d’athlétisme, les jumeaux Martinez, derniers d’une fratrie de quatre, foulent les pistes très tôt, jusqu’à devenir athlètes de haut niveau en catégories jeunes. Laurent est sélectionné en équipe de France junior sur 400 mètres, alors que son frère fait partie des dix meilleurs décathloniens français en 1982. « En athlé comme dans la vie, faut se battre. On ne peut pas toujours gagner mais faut tenter pour être plus fort le lendemain. L’échec fait partie de la réussite. Nos parents nous ont appris à ne jamais rien lâcher. Et quand tu as le coach (papa) et l’assistant-coach (maman) à la maison, tu n’as pas le choix !», se souvient Stéphane, avec le sourire.

C’est avec cette mentalité que les deux frères reprennent l’entreprise familiale en 1986, à l’époque spécialisée dans le matériel d’athlétisme. Stéphane et Laurent, tous deux bricoleurs, créent petit à petit leurs propres produits pour les sports collectifs (basket, hand, volley, foot…). Ils font le choix du haut niveau et du « Made in France ». Et ça marche. « Au début on était jeunes (22 ans) et un peu fous-fous. On s’est dit : « On se donne deux ans et si ça marche pas on fera autre chose… ». Aujourd’hui, ça fait presque 31 ans et on n’a pas fini de se développer. Evidemment les premiers pas ont été compliqués et si on n’avait pas persévéré on ne serait pas là où on est aujourd’hui. C’est ça la dalle ! », raconte volontiers Stéphane, intarissable sur la « success story » familiale, qui se poursuit aujourd’hui avec la troisième génération de Martinez.

Touche-à-tout et entrepreneur militant

Hyperactif, touche-à-tout et détestant la routine, l’Angevin d’adoption est, à l’image de son entreprise : constamment en alerte, à la recherche de nouvelles innovations et de nouveaux défis. Élu à la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) du Maine-et-Loire pendant plus de quinze ans, il est devenu cette année vice-président des Ducs d’Angers. Stéphane refuse cependant le statut d’indispensable et préfère toujours mettre en avant la cause plutôt que sa personne. « J’aime l’action collective même si je viens d’un sport individuel. Mickael Juret est venu me chercher et j’ai été séduit par ce nouveau challenge. On veut faire des Ducs l’un des clubs phares du hockey français. La nouvelle patinoire va ouvrir pleins d’opportunités mais en attendant il y a beaucoup de choses à inventer », annonce-t-il, infatigable.

À travers sa fondation Mécène et Loire et sa déclinaison sportive Mécèn’Elite Anjou (qui a contribué à envoyer avec La Dalle Angevine 5 athlètes aux Jeux de Rio), Stéphane Martinez milite pour des entreprises pleinement intégrées sur le territoire, ouvertes et réactives. « Une entreprise ce n’est pas seulement « des sous ». Elle peut agir avec d’autres pour développer le territoire. On rencontre des gens passionnés par leurs projets et qui nous transmettent leur passion. On a envie de les soutenir et de les accompagner. La Dalle Angevine fait se rencontrer des sportifs de différentes disciplines et de différents horizons, je trouve ça génial. Mécèn’Elite Anjou est sa concrétisation économique : on cherche par exemple des solutions pour garder ou faire venir des sportifs de haut niveau dans la région. On met à profit notre réseau pour leur proposer des formations en alternance, des bilans de compétences, etc ».

Dans quelques mois sortiront des hangars de Saint-Clément les premiers équipements européens de broomball (voir notre présentation de ce sport de glace alternatif, cousin du hockey). Un énième pari pour ce grand passionné de sports, profondément attaché à son territoire et jamais en manque d’énergie quand il s’agit de faire rayonner le sport angevin sur tous les terrains du monde, quelle que soit la surface.

Marty Sports en bref 
Création : 1979
Siège : Saint-Clément-de-la-Place
Effectif : 45 salariés
Chiffre d’affaires : 6 millions d’euros (+12% en 2016, notamment grâce à la part de l’export qui a doublé en un an pour atteindre 25% cette année).
Equipements certifiés par la Fédération internationale d’athlétisme, les Fédérations Françaises de Basket et de Badminton ou encore la FIFA. Fournisseur notamment pour l’Euro 2016, la Coupe du monde de football en Afrique du Sud (2010) et la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2017.

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