27 mars 2018

« Ce qui me plait, c’est la dimension mentale »

MadeInAngers. Né à Angers il y a 18 ans, licencié au club d’Angers Tir Sportif et champion de France cadet en 2017 à Bordeaux, ce lycéen en Terminale L a rejoint en début de saison l’équipe de France de tir pour préparer son objectif à long terme : les Jeux Olympiques de Paris en 2024. Pierre Sabatié nous fait découvrir sa discipline.

Propos recueillis par Valentin Deudon

art1Peux-tu nous expliquer pour commencer comment se passent les compétitions de tir sportif ?
En tir sportif, il existe deux armes, la carabine et le pistolet. Je pratique uniquement le pistolet, et les compétitions en individuel se divisent en trois distances de tir : à 10, 25 ou 50 mètres de la cible. Chaque distance a ses épreuves : précision, vitesse, combiné, standard… J’ai fait un peu de tout mais aujourd’hui je commence à me spécialiser sur le 10m précision, la discipline phare que l’on retrouve aux JO. Elle se déroule sous forme de match où chaque tireur dispose d’1h30 (ou 1h15 en cas de cibles électroniques) pour tirer 60 plombs et marquer plus de points que l’adversaire.

C’est dans cette épreuve que tu as remporté le titre de champion de France en 2017 à Bordeaux ?
J’ai remporté deux titres sur 25m, dont un sur le même principe de précision, et une médaille d’argent sur 50m, en catégorie Cadet 3. C’est cette année que je m’oriente plus sur le 10 mètres. Ce sera plus relevé car je suis désormais en catégorie Junior 1. L’objectif reste les première places, disons le top 10, même s’il faudra surtout montrer que je peux faire aussi bien voire mieux en termes de points marqués. Mais on n’en est pas encore là, il y aura dans un premier temps les départementaux dans un mois, puis les régionaux afin de se qualifier pour les France.

« Sur les pas de tir les règles de sécurité sont nombreuses et prioritaires »

Le terme de « tir » peut parfois faire peur. On imagine que l’aspect sécurité est une dominante importante.
Tout à fait. Sur les pas de tir les règles de sécurité sont nombreuses et prioritaires. Par exemple lorsqu’on va changer les cibles à 25 mètres, un gyrophare se met en marche et chaque tireur doit poser son arme en position de sécurité. Le règlement impose aussi que les armes soient conservées dans des coffres. Et puis pour entrer dans un club, c’est très réglementé et encadré. A plusieurs étapes de mon parcours, comme récemment avant d’intégrer l’équipe de France, j’ai dû réaliser beaucoup d’examens médicaux et de tests psychologiques.

Depuis quand es-tu sélectionné en équipe de France ?
Depuis le mois de septembre. C’est une étape importante. Cette saison je fais uniquement les stages, qui ont lieu tous les mois et demi environ. Pour les compétitions internationales, il faudra attendre la saison prochaine, tous les jeunes tireurs son passés par là. Les coachs veulent d’abord m’intégrer progressivement, tester mon niveau et observer ma progression.

art4Le tir sportif, une discipline qui se joue aussi par équipe : Pierre et ses coéquipiers
d’Angers Tir Sportif ont remporté le titre régional par équipe cette année

Tu as parlé d’équipe de France et de JO, on pense donc de suite à Paris 2024… Toi aussi ?
Oui c’est l’objectif à long terme. On nous prépare à ça en équipe de France. En pistolet 10m précision donc, mais aussi peut-être en 25m combiné, qui n’est pour l’instant une discipline olympique que chez les femmes. Mais si ça le devient aussi chez les hommes, je m’y préparerais.

Tout ça doit te prendre pas mal de temps. Où en es-tu de tes études ?
Habitant à Baugé-en-Anjou, je suis dans un lycée à La Flèche, dans la Sarthe, en Terminale L. Je passe donc le bac à la fin de l’année scolaire. Pour l’instant tout se passe bien, même si ce n’est pas toujours évident de tout gérer, d’autant que les stages en équipe de France ne se déroulent pas pendant les vacances scolaires. Je rate des cours et je dois m’adapter, mais j’ai la chance d’être dans un lycée où le directeur comme les professeurs sont très compréhensifs. Ils me poussent même, ils valorisent mon double projet. C’est pareil au club d’Angers Tir Sportif, je me sens soutenu dans mon envie d’aller plus haut.

« J’ai la chance d’être dans un lycée très compréhensif qui valorise mon double projet »

Quel est ton projet post-Bac ?
L’année prochaine, je vais faire une licence d’histoire à l’UCO à Angers. Il n’y a pas trop de doute là-dessus. J’aimerais ensuite partir sur un master audiovisuel à l’INA, ou alors intégrer le CREPS de Bordeaux, une structure adaptée études et sport de haut niveau. Mais c’est encore assez indécis, je déciderai par la suite.

art3Comment es-tu arrivé à pratiquer le tir ?

Par mon père. Il a pris sa première licence en 1974, ça fait très longtemps qu’il tire. J’ai démarré à 9 ans, et j’y ai pris goût. Ce qui me plait surtout, c’est la dimension mentale. C’est physique certes car il faut parfois tenir, mais le mental est capital. Ce travail-là me permet dans la vie de tous les jours d’avoir plus de facilités. Dans la gestion du stress et des émotions, ou dans les moments où je dois me concentrer par exemple.

Cette partie mentale demande quel type entraînement exactement?

Au-delà de la répétition de la séquence de tir, de l’aspect technique, du matériel qui est adapté à notre main, il existe effectivement un entraînement mental que je pratique souvent chez moi. Avec mon arme à air comprimé, non chargée bien sûr, je fais ce qu’on appelle du « mur blanc » : je prends le pistolet, je le monte face au mur et je fais des visées. Ca permet de reprendre des sensations. Je relis aussi souvent mon carnet de tir pour me mettre dans des situations positives.

Ton carnet de tir ?

Oui, c’est un outil que beaucoup de tireurs utilisent. Je le tiens depuis que je suis petit. J’y note mes performances pures, mais aussi des conseils, des exercices, des détails sur ce que j’ai fait, comment je l’ai fait. Ca permet de comprendre en cas de réussite pourquoi on a réussi, pour pouvoir le reproduire. On se construit comme ça des références positives.

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